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    Au Pérou, la cité de Caral, cité de la paix, la ville la plus ancienne du continent américain mise à jour en 2001, ne comportaient ni fortifications, ni enceintes. Les habitants de la région de Caral se seraient regroupés au sein d'une ville non pour se protéger, mais pour commercer. Caral aurait, ainsi, vécu pendant au moins 1000 ans en ataraxie grâce au commerce du grain, de la poterie, et des bijoux.(1) Plusieurs millénaires ont passé avant que la construction européenne s'inspire de ces civilisations qui ne connaissaient pas la guerre à travers les concepts de paix et de prospérité chers aux initiateurs de cette oeuvre ambitieuse, mais surtout, dans les faits, à travers une succession de traités économiques destinés à construire un marché commun, où l'objectif essentiel fut constamment de supprimer les barrières douanières entre pays membres, afin d'y promouvoir l'échange, synonyme de richesse et de prospérité. Aujourd'hui, l'Union européenne (UE) est la première puissance économique de la planète. Son moteur économique tourne à plein régime, mais ce qui constituait sa finalité : la paix et la prospérité, s'effritent sous les séismes répétés de la mondialisation dite néolibérale. Parvenu au bout de sa logique libre-échangiste, le bilan européen apparaît décevant aux yeux de nombreux européens (2) particulièrement en France où le vote nonniste a déclenché une crise aussi spectaculaire que inédite.

    La réunion de Madrid est un fait historique à un double titre(3). C'est d'abord, la première fois depuis 1956 qu'une réunion aussi importante se déroule sans la présence française. C'est aussi, comme le souligne le Figaro, l'occasion pour le camps du « oui » de s'afficher dans une réunion « orchestrée » par l'Espagne et le Luxembourg mettant « en exergue une Europe coupée en deux ». Non seulement l'Europe est en panne, mais elle demeure, en plus, divisée. Il faut dire qu'en quelques décennies seulement, la plupart des européens ont subi un détricotage historique de leurs droits sociaux et politiques.(4) En France, comme partout en Europe, les espérances du plus grand nombre se sont, au fil des décennies, considérablement réduites, et le quotidien de millions de personnes s'est lentement étriqué.(5) Sur fond de triomphe d'une thèse ironique exigeant toujours plus contre la promesse du pire à venir, le front du marché, les OPA inamicales, les canonnades médiatiques, les stratégies planétaires de délocalisation, les trahisons fiscales, les concentrations gigantesques, et le darwinisme social ambiant, ont perverti l'idée originelle et découragé les plus europhiles des européens à s'investir dans un projet aussi materialiste. Qui sera premier exportateur ou premier investisseur? Qui affichera la meilleure croissance ou le taux de chômage le moins élevé ? Pendant que l'intolérable disparaît sous le voile des principaux indicateurs économiques, des Bilderbergers insolents accaparent les richesses (6) grâce à une armée de fanatiques pilotant, à fond la caisse, l'utopie capitaliste sur des sièges éjectables (7). L'on ne sait plus, aujourd'hui, qui fait quoi, qui dirige, pas même définir un riche et celui qui ne l'est pas (8). Tout juste sait-on reconnaître un pauvre pour peu qu'il apparaisse tantôt en une ruine jetée à même le macadam que la fatalité expose au regard indécent des préjugés, tantôt en apôtre de la contestation réduit à clochardiser sa rébellion (9). La libre concurrence règne sur un royaume misérabiliste clinquant sous les ténèbres, ou les sujets du marché s'affrontent pour un job sous-payé, quand il est payé (10), pour une location minable (11), où le futur est devenu un ennemi, ou les dés sont pipés dès le départ. Le néolibéralisme se nourrit de la guerre absolue, quand cette dernière n'est pas engagée sur un terrain politique, elle sévit sur le front économique, et comme toujours avec elle, les vraies victimes ne sont pas les soldats engagés, mais les civils-citoyens innocents.

    Puisque le réalisme est à l'ordre du jour, sans doute devrions-nous comparer ce que nous avons en commun avec le modèle de vie dont l'UE est si fière. Ce que nous avons en commun avec l'ultra-libéralisme incarné par la commission européenne, avec le « renouveau moral » du président polonais Kaczynski. Il ne serait pas inutile de reconsidérer lucidement le futur qu'elle propose de partager avec nous, et les valeurs qu'elles se proposent de promouvoir et de défendre (12). Le réalisme consisterait, me semble t-il, à tirer la conclusion qui s'impose devant une politique européenne parvenue au faîte de l'égoïsme et de l'insouciance, impuissante à juguler l'imminence d'une guerre de civilisations de dimension internationale, ou l'organisation économique et les carences des politiques produisent une misère sociale et culturelle généralisée, qui sacralise la précarité au lieu de l'endiguer (13), qui participe à la démission des individus au lieu de les encourager au volontarisme, qui les réduit en les empêchant de réaliser leur individualité, qui les tient dans la négociation de concession au lieu de les aider à s'extérioriser et de pleinement se créer. Ce système est l'antithèse du libéralisme originel, c'est une pantalonnade de démocratie et de liberté. Ce régime n'est rien d'autre qu'un vulgaire totalitarisme déguisé.

    Il n'est pas certain du tout que les Français s'appauvrissent plus qu'ils ne sont déjà, en se désolidarisant d'une entreprise qui s'obstine, à élaborer des législations aggravant la dépendance des individus à la superfluité, quand la planète est au bord d'un bouleversement climatique irréversible Il me semble qu'en tant que première puissance économique, l'UE devrait être capable de proposer une réponse raisonnable, et disposer de la réelle volonté d' insuffler une politique européenne ambitieuse en réponse à la crise que traversent civilisations et planète. Ne devrions-nous pas dénoncer cette mascarade ? Non pas pour vivre en autarcie repliés sur nous mêmes, au contraire pour proposer, et entamer avec toutes les bonnes volontés, de nouvelles négociations fondatrices d'un nouveau traité, fort de l'expérience du traité de Rome et des traités successifs. Il faudrait, alors, le faire avec force et conviction pour parvenir demain à construire l'Europe qui vaille le coup de sacrifier une partie de notre souveraineté : l'Europe des Peuples, pour la paix et la prospérité dans un capitalisme social et humain, et non dans une mascarade de démocratie et de justice à l'image de la globalisation libérale que les institutions européennes tentent d'imposer au Peuple français avec la bénédiction d'une droite jusqu'ici inconnue. A l'image du classement sportif mondial français (14), salué unanimement par la presse spécialisée, les Français n'ont rien à foutre d'être les premiers, la France n'aspire qu'à gagner avec les autres en équipe.

     

    1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Caral -
    2. http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/051005_europe_n.htm - http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=917514 - http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14793-  http://www.20minutes.fr/articles/2006/10/19/20061019-manifeste-Les-Francais-insensibles-au-reve-europeen.php  -  
    3. http://www.lefigaro.fr/international/20070126.FIG000000373_europe_le_camp_du_oui_s_affiche_a_madrid.html  -
    4. Sur le détricotage des Droits sociaux : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/11/CASSEN/12903  - http://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/BURGI/14014  - http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-09-26-billet-apocalypse_neoliberale-442922.html  - http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/ALBALA/13024  - http://www.blogg.org/blog-31810-date-2005-12-22-billet-un_regime_s_installe___-263294.html  -
    5. http://www.european-left.org/positions/workgroups/economy/elwgdocument.2006-06-07.9313707820-fr?cl=fr&btnG=Rechercher&q=la+pr%C3%A9carit%C3%A9+en+europe&meta=&hl=fr&set_language=fr - http://www.inegalites.fr/article.php3?id_article=388  - http://www.inegalites.fr/spip.php?article555&id_mot
    6. Ainsi, en 2005, le PNUD estime que «les 500 personnes les plus riches du monde ont un revenu combiné plus important que celui des 416 millions les plus pauvres. http://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A9galit%C3%A9s_de_revenu_dans_le_monde  – Belgique : http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?section=A1AAAABK&obid=32770  – Suisse : http://www.live-in-switzerland.com/f/portrait/bilan.html - http://elections.lesechos.fr/elections-presidentielles-2007/theme/fiscalite/300127948.htm  - http://www.jakouiller.com/index.php/2006/04/23/135-les-100-europeens-les-plus-riches  -
    7. http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-10-22-billet-les_bateaux_ivres_de_la_finance-460988.html -
    8. http://www.alternatives-economiques.fr/site/254_003_revenus.html  
    9. http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=321590 
    10. http://surlemploi.free.fr/documents/precarite-emploi-synthese.pdf  - http://www.generation-precaire.org/Nouvelobs-com-Les-stagiaires-en  
    11. http://www.lexpansion.com/art/6.0.135152.0.html  
    12. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/03/RAMONET/14507
    13. http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-03-30-billet-les_vertus_de_la_precarite-316318.html  
    14. http://www.havassports.com/multimedia/medias/CPSport.pdf


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  • Chers amis, chers électeurs, il y a des idées dont le temps est venu, d'autres qui stagnent sans jamais se départir de l'état de concept. L'idée d'instaurer le droit de vote en faveur des étrangers non communautaires aux élections locales mériterait, enfin d'aboutir, après une errance historique commencée en 1789 dont la démocratie ne finit pas de se languir. Plus de deux cent ans durant lesquels cette question a surgi tantôt de façon ludique, tantôt de façon tragique, au fil des Constitutions ou des incursions historiques. Éphémère au cours de la période révolutionnaire, (1) le droit de vote des étrangers accompagna, le temps des cerises, la Commune de Paris jusqu'au front du mur des Fédérés. En réalité, le recours systématique à la politique d'intégration fondée sur la naturalisation a éclipsé le droit de vote des étrangers du débat politique français jusqu'à ce que le candidat François Mitterrand l'inscrive, sans conviction, dans ses 110 propositions. Concrètement, il faudra atteindre 1992, et la ratification du Traité de Maastricht pour que la France nonchalante (2) instaure le droit de vote des résidents étrangers membres de l'UE aux élections européennes et municipales. Au terme d'un bilan affligeant, il reste pour maigre solde une proposition de loi adoptée par l'Assemblée Nationale en juin 2000 qui dort dans un cagibi du Sénat en attendant que la droite sénatoriale se décide à l'inscrire à l'ordre du jour de sa chambre.(3) Le Sénat, cette institution mesquine et ruineuse qui n'a jamais eu d'autre dessein au cours de sa lamentable histoire que de ruiner les ambitions populaires.



    Pratiquement toute la classe politique française est favorable au droit de vote des résidents étrangers non communautaires aux élections locales sous conditions plus ou moins discutables, qu'il s'agisse de la gauche unanime,de l'UDF, en passant par le Chef de l'état, Jacques Chirac, et même Nicolas Sarkozy ! - avec des réserves de dernières minutes -(3bis). Soulignons toutefois, que la reforme ne figure pas dans le programme UMP,(4) espérons, au moins, qu'elle figurera dans le programme du probable candidat Sarkozy. Quant à l'opinion publique, force est de constater qu'elle est mûre; considérons même que la réforme semble si évidente qu'elle est en passe de se transformer en revendication tant les hommes politiques sont déconnectés de la réalité des aspirations citoyennes. C'est ainsi qu'à l'occasion de la "votation citoyenne" organisée un peu partout en France, les électeurs se sont prononcés à 90% en faveur du vote des étrangers aux élections locales.(5) La majorité écrasante d'électeurs favorables à une réforme du suffrage universel est constamment saluée par la presse, mais les étrangers non communautaires ne participent toujours pas à la vie démocratique de ce pays. Au delà de la reconnaissance du droit de vote en faveur des étrangers, c'est de la démocratie dont il est question dans cette réforme attendue, puisqu'il s'agit d'élargir le suffrage universel à des catégories jusqu'alors écartées.(6)



    Relier le suffrage universel à l'impératif de représentativité
    plutôt qu'à celui de la nation ou de la résidence



    En France, la Révolution consacra de façon radicale la suprématie du citoyen sur le sujet du roi en créant le concept de Nation, (sous l'Ancien régime, un sujet peut être un étranger, mais ils est avant tout lié au Roi par le lien d'allégeance sans considération de ses origines). En brisant le lien d'allégeance pour relier l'expression de la souveraineté nationale (1791) puis populaire (1848) au citoyen français, la Révolution française rendit impossible l'élargissement du suffrage universel aux étrangers parce que cette réforme eut été, soit inutile, soit inconcevable. C'est ainsi qu'à travers l'histoire il fut question du cens, des femmes, des militaires, des anciens mineurs de 18 ans, des délinquants ou de la maffia financière, mais avant tout d'électeurs français. Il eut été, sans doute, plus facile de réformer le droit de vote en reliant le suffrage universel à la résidence, c'est à dire au droit du sol. La reconnaissance du statut « de résident-étranger » permettant à l'étranger de participer de façon locale à la vie de la commune s'inscrit dans cette dernière perspective mais elle est, j'y reviendrai, trop insuffisante.



    Il est important de rappeler qu'aujourd'hui, l'élargissement du suffrage universel par le truchement de la naturalisation est une orientation devenue illusoire depuis que les conditions d'accès à la citoyenneté française ont été considérablement durcies par le législateur. La rapacité occidentale, l'état de guerre économique (et militaire) permanent que la société néolibérale alimente depuis trente ans, ont brisé tout espoir de répondre à la crise de représentativité de notre démocratie par la naturalisation Parallèlement, l'essor de la communication, les découvertes fondamentales de la biotechnologie, et avec elles, la prise de conscience par les Hommes de leurs origines communes, (mais manifestement pas de leurs aspirations), ont affaibli les thèses et les arguments des adversaires d'une réforme qui se fait trop attendre.(7) Aujourd'hui, les antagonismes se sont diluées dans une dialectique nouvelle qui les domine, qui relie, de plus en plus, le suffrage universel à des impératifs de « représentativité », qui cherche aussi à favoriser le projet ambitieux de répondre à la crise majeure de nos institutions plutôt qu'à se focaliser sur la nationalité ou la résidence, l'une donnant « tout ou rien », l'autre locale et donc forcement limitative de droit. Or, il est essentiel de mettre tout en oeuvre pour que les élus traduisent la synthèse la plus juste des aspirations citoyennes et républicaines. Dans un pays aussi riche que la France, il serait extravagant de laisser perdurer plus longtemps une crise du silence aussi pernicieuse à moins de promouvoir une démocratie démagogique agissant par en dessous.



    Par ailleurs, il est important de mesurer, dès à présent, les limites du statut de « résident-étranger » pour se rendre compte qu'elles aussi atteindront très rapidement le bout de leur logique. De l'Agora au droit positif français, le droit de vote a toujours été une succession chaotiques de progrès à travers l'abandon du suffrage censitaire, l'instauration du suffrage universel et son élargissement permanent aux catégories de citoyens qui en été auparavant exclues. Le vote est l'édifice central de la construction démocratique, il est vital dans un régime représentatif, ou direct car il constitue le moyen privilégié d'expression des individus au sein des institutions. En tant que moteur de l'expression individuelle, l'élargissement du suffrage universel devrait constituer l'objectif éternel de toute les démocraties ambitieuses. C'est la raison pour laquelle, il est essentiel que ceux qui, comme nous, sont favorables à l'élargissement du suffrage universel en faveur des étrangers s'attendent à ce que le vote local ne soit qu'une étape vers le vote national (8) à l'égard de personnes qui, d'une façon ou d'une autre, participent au devenir de notre pays, sachant qu'à défaut de nationalité française légalement reconnue, tant qu'ils vivent sur le sol français, leur temps de présence effective est leur histoire en même tant que la nôtre.



    Quel critère retenir ?



    Il ne devrait pas y avoir de critère fondé sur l'impôt ou le travail. Il n'y a que les Américains pour trouver démocratique le principe, prétendument révolutionnaire "no taxation without representation" (pas de paiement d'impôts sans représentation), s'agissant d'un vulgaire système censitaire. Ils sont forts quand même ces Américains ! En réalité, c'est le temps qui pourrait servir de critère. Le temps joue contre les infidèles car l'inconstance est la règle et la nature humaine (la nature tout simplement) est une grande oublieuse, de sorte que le temps s'écoule et la confiance est son pendant. La confiance, écrivait Colette, n'est pas une fleur spontanée. Et il n'est pas déraisonnable de considérer que plus l'étranger vit en France (s'il devient Français la question n'a plus de sens) plus il est légitime qu'il participe aux élections nationales, le but n'étant pas de faire voter les touristes mais de s'attacher à placer au Parlement des élus réellement représentatifs en attendant de s'en passer purement et simplement grâce à l'avènement de la démocratie directe.



    Nous avons assisté impuissants pendant la période anniversaire des émeutes d'automne 2005, à une trouille inouïe des honnêtes gentes devant l'incapacité d'un gouvernement qui aurait du profiter de cette date , sil n'était pas bouffi de pensées sanitaires, pour instaurer le droit de vote des étrangers comme une réponse politique intelligente aux émeutes des banlieues. Dans un fiasco lamentable d'une vacuité insondable, un abîme d'inertie et un torrent de néant, notre gouvernement n'est même pas capable de compter sur sa propre majorité au sein d'un Parlement à la botte de l'UMP et de son président en « coup d'état permanent ». Nous ne pouvons pas même compter sur l'intérêt le plus primaire qu'aurait eu Jacques Chirac en donnant à ceux dont les enfants ont été traités de racailles par le pompier pyromane Sarkozy l'occasion d'exprimer leur sentiment même à l'occasion d'élections localisées. C'est dire la ruine universelle de nos institutions devant laquelle nous nous trouvons spectateurs stériles et déconsidérés. Et pour mieux signifier le mépris avec lequel ce gouvernement néolibéral traite l'opinion publique, Nicolas Sarkozy a choisi de présenter à l'Assemblée nationale son énième texte destiné à lutter contre l'insécurité au lieu de promouvoir des lois faites pour unir, non pour désunir ou pour punir. Il semble que dans ce pays tout soit mis en oeuvre pour monter les individus les uns contre les autres. Tous les présidents français ont transcendé leur région de connaissance à la fin de leur mandat, Jacques Chirac, grand fossoyeur de nos valeurs, finit le sien en sursitaire expulsable, mûr pour occuper la place d'honneur qu'il mérite au placard de l'histoire. Il avait l'article 11 de notre Constitution pour mettre au taquet le Sénat, l'UMP et Nicolas Sarkozy, il a eu un an pour y réfléchir, il avait le pouvoir de le faire, mais rempli de préjugés à l'égard du Peuple français, Jacques Chirac a préféré miser sur son chiffre fétiche : le zéro ...




     



    1. La Constitution de 1793 consacrait explicitement le droit de vote des étrangers mais cette disposition n'a jamais été appliquée, elle fut suspendue le 10 octobre 1793 à cause de la guerre. A la chute de Danton et de la Terreur qui s'en suivit, la Constitution de 1793 ne fut jamais appliquée, mais le préambule de la Constitution de 1946 y fait référence.



    2. La France sera le dernier pays a prendre les dispositions pour transposer la directive européenne de 1994 précisant ses modalités d'application. De fait, les résidents étrangers communautaires n'ont pas pu participer aux élections municipales de 1995. Il faudra attendre pour cela les élections municipales de 2001 et ils ne sont pas éligibles pas même en qualité de conseiller municipal.



    3. Car le texte nécessité une modification constitutionnelle Les sénateurs de gauche ont déposé une nouvelle proposition de loi sur le même sujet en janvier 2006, mais la majorité de droite a refusé de l'inscrire à l'ordre du jour du Sénat.


    3bis. Dans l'émission "A vous de juger", (jeudi 30 novembre) Sarkozy a subitement posé une condition de réciprocité qu'il n'avait jamais évoquée auparavant.



    4. http://minilien.com/?nZY2KkFigb



    5. http://minilien.com/?LDBjaM3aLc ou (http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-10-30/2006-10-30-839513) ou encore (http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-11-10/2006-11-10-840139) sur les votations citoyennes (http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_vote_des_%C3%A9trangers_en_France)



    6. En France, le droit constitutionnel emploie le terme « suffrage universel » lorsque le corps électoral est constitué par tous les citoyens « qui ont la capacité électorale », c'est dire en d'autres termes, que le suffrage universel n'est jamais intégral puisqu'une partie des citoyens en est, légalement, rejetée (les criminels, les mineurs), ou, en fait, lorsque, par exemple, les conditions d'inscription sur les listes électorales demeurent anormalement dissuasives comme pour les SDF ou les gens du voyage.



    7. http://www.jerome-riviere.fr/article.php3?id_article=7



    8. Par exemple, même circonscris aux élections locales, le vote des étrangers aura une incidence sur la Nation puisque les élus locaux participent à l'élection des Sénateurs, et qu'ils parrainent, de surcroît, le futur Président de la République.


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  • Chers amis,chers électeurs, le capitalisme a crée le consommateur comme il a crée le prolétaire.
    Au tout début, à l'époque de Fernandel, le consommateur était totalement désinformé, les vendeurs lui fourguer un peu n'importe quoi et il souriait bêtement, heureux comme un consommateur obésicain repus de glucose avachi devant son sitcom débile...
    Le consommateur ne voyait que du feu aux turpitudes des faiseurs de réclames et autres vendeurs de casseroles. Il demeurait sans pouvoir, c'était un lutin isolé.


    Aujourd'hui, le droit de la consommation (le notre) est un des plus protecteur des pays industrialisés. Il tient compte impérativement du respect du principe de la liberté du commerce et de la nécessaire protection de la santé publique (bien qu'il y ait encore beaucoup de progrès à réaliser)
    Le consommateur français est devenu le plus exigeant de la planète. Il est le mieux informé et le mieux armé tant sur le plan juridique que sur le plan associatif et individuel.


    Quand il prendra conscience que son pouvoir est immense, (car son pouvoir est immense : sans lui plus de marché); je dis qu'il boycottera certaines entreprises indésirables.
    Lorsque ces entreprises constateront à quel point certaines de leurs décisions motivées de considérations abusivement mercantiles jouent en leur défaveur, elles seront bien obligées, bon gré mal gré, de modifier leur stratégie de vente et de développement.


    Ainsi, le consommateur et le citoyen vont s'entremêler dans une sorte de dialectique pour donner naissance à un citoyen-consommateur ( le consomm'acteur) capable de changer la donne (commerce inéquitable, délocalisations sauvages, patrons voyous, entreprises pollueuses etc...)
    Là encore utopie ... Du tout : lucidité...


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  • Mes chers amis, je débuterai cette courte analyse par quelques interrogations légitimes propres à éclairer le champs de mes incertitudes. La liberté politique consiste t-elle à s'affranchir de toutes contraintes normatives : c'est le concept de liberté formelle; ou consiste t-elle, sous réserve de certaines obligations, à mettre à disposition des individus les moyens de satisfaire effectivement leurs aspirations : c'est le concept de liberté réelle ? Parallèlement, traduite au plan purement économique, la libre-concurrence, synonyme de liberté économique, doit elle être totale (concurrence formelle) - quitte à qualifier encore de concurrentiel un marché dans lequel apparaissent des entreprises d'une telle dimension qu'elles exercent de fait un monopole absolue - ou bien la libre-concurrence consiste t-elle à ériger des normes destinées à empêcher toute forme de monopole y compris celui d'une entreprise objectivement plus performante que feu ses concurrentes (concurrence réelle ou plus communément appelée « concurrence parfaite ») ? Le choix de l'une ou l'autre branche de cette alternative ne distingue en aucun cas le libéralisme du socialisme. En politique, comme en économie, cette distinction entre liberté formelle et liberté réelle se pose, en réalité, au sein même de la pensée libérale sans considération des courants opposés à l'économie capitaliste.

    Depuis le crevard Reagan et la vieille peau Thatcher, il apparaît que le concept de liberté formelle domine la pensée libérale. Et durant les quarante dernières années, force est de constater la césure immense qui s'est opérée au sein de la famille libérale; césure que le clivage traditionnel « gauche-droite » a complètement éclipsé. Je le répète : c'est au sein même de la pensée libérale que s'est produit un renversement fondamental au point que les formes de capitalisme pratiquées il y a 40 ans pouvaient comporter des préoccupations sociales ou éthiques devenues complètement désuètes aujourd'hui. Pour en saisir la portée, il est nécessaire de brosser un rapide historique de la pensée libérale.

    Au cours de la révolution industrielle du XIXè siècle, au moins en Europe, les libéraux définissaient la liberté politique dans son acception formelle, et le célèbre « laissez faire, laissez aller » prôné par Adams Smith, traduisait économiquement le même concept de liberté formelle au mépris de la théorie de la « concurrence parfaite ». Logiquement, l'état d'injustice généré par cette utopie capitaliste provoqua les réactions sociales les plus radicales et les plus dangereuses; l'anarchisme - et surtout, la version la plus agressive du socialisme: le communisme - ont failli autant que le nazisme engloutir définitivement l'Europe et son capitalisme sauvage dans l'abîme universel. C'est exactement ce qui nous guette quoique l'histoire ne ressert jamais le même plat..

    Dans les années 50, à cause de l'échec cuisant du capitalisme sauvage (ce que nous appelons péjorativement aujourd'hui néolibéralisme), le courant Smithien fut complètement discrédité au sein de la famille libérale. Les néolibéraux étaient considérés dans leur propre famille philosophique comme des utopistes au même titre que les phalanstères de ce brave Proudhon symbolisent l'utopie socialiste. Ils étaient même, à jute titre, assimilés à des illuminés dangereux, à des idéalistes de la première heure, vielles carnes théoriciennes incapables de se réformer. Des années 50 aux années 1980, les néolibéraux se sont organisés en véritables sectes, ouvrant partout dans le monde des écoles, des instituts et toutes sortes de fondations diverses destinées à promouvoir leur idéaux. Il n'entre pas dans le champs de cette analyse d'expliquer comment une minorité d'économistes hystériques est parvenue à une réussite aussi éclatante, mais il est évident qu'ils n'ont pu triompher qu'en s'emparant des consciences : c'est à dire en utilisant les mêmes armes que ceux qu'ils prétendent combattre. Je le dis de la manière la plus abrupte : le néolibéralisme est à la pensée libérale ce que l'évangélisme pentecotiste est au catholicisme et l'intégrisme musulman au Coran : une lecture dans le texte de la pensée Smithienne, de surcroît en la radicalisant, en la travestissant. C'est un retour aux sources rigides et primitives d'un courant qui était pourtant parvenu à se transformer, qui commençait à apporter aux sociétés occidentales le meilleur après des décennies de luttes et d'injustices. Je prétends bien que Smith, lui même, a posé les limites de sa propre théorie sinon, il conviendrait de parler de paléo-libéraux plutôt que de néolibéraux lorsque l'on évoque les théories fumeuses du chafouin Sarko et de sa ribambelle de traites à la nation.

    A partir de 1945, devant la nécessite impérieuse de réformer le capitalisme, trois économistes : Léon Walras, John Maynard Keynes et Paul Samuelson ont contribué miraculeusement à orienter le capitalisme dans une voie susceptible d'espérer un relatif consensus, et surtout, de le mettre au service du plus grand nombre. Comprenez, mes chers amis, que le keynesianisme fut la réponse imparable apportée par les libéraux aux attaques légitimes du socialisme radical ... cet économiste et ses promoteurs ont sauvé les modèles occidentaux (y compris aux USA) en proposant des solutions intelligentes aux erreurs générées par une interprétation radicale des mécanismes de l'économie capitaliste. En aucun cas, l'Etat dit péjorativement « providence » s'apparente à de la planification économique. Keynes était un partisan du capitalisme et ceux qui prétendent que l'Etat providence s'assimile à du communisme nous trompent délibérément. D'ailleurs, au moment du triomphe des économies keynésiennes, jamais les sociétés occidentales n'ont été aussi libres, joyeuses et optimistes.Certes, elles avaient sans doute plus d'inflation qu'aujourd'hui, mais elles n'avaient pas plus de déficits, beaucoup moins de chômeurs, moins de disparités entre les classes sociales, et elles jouissaient d'un taux de productivité à faire rêver les pitres qui prétendent nous représenter.

    Aujourd'hui, comme dans le système stalinien, ceux qui contestent le néolibéralisme sont accusés de tous les mots et de toutes les tares. Discrédités, ridiculisés et calomnier comme le fit Friedrich Hayek, - le plus représentatif des néolibéraux « modernes », défenseur du capitalisme sauvage, à ses yeux, la seule forme de vrai libéralisme - lorsqu'il traitait les keynésiens de « faux libéraux ». De quel droit me traiter de « faux-libéral » pour l'unique raison que je critiquerais un système qui génère de plus en plus de pauvreté et d'injustices? Il y a une ironie insupportable à entendre des individus comme Madelin ou Sarkozy accuser la France d'immobilisme, à qualifier de propositions innovantes et de réformes ambitieuses le retour à des théories archaïques vielles de plus de 100 ans qui, par deux fois, ont échouées, non sans entraîner, à chaque fois, les sociétés occidentales dans la décadence et l'autoritarisme. Nous y sommes aujourd'hui comme à la veille de la Seconde guerre mondiale alors que nous avons les moyens de résister à cette construction surnaturelle de l'économie comme nous avons toujours eu les moyens de résister à toute dictature fusse t-elle la plus radicale et la plus déterminée...


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