• CPE et manipulations grossières

    Mes chers amis, le gouvernement manipule maintenant les jeunes des banlieues
    pour tenter désespérément de sauver le CPE perclus et alité...
    Alors, les médias à la botte des groupes de communication interviewent ces bouffons bouffis de rap matérialiste : «Deux ans de période d'essai ? C'est pas grave. Quand on n'a pas de boulot, c'est toujours mieux que rien», dit Patrick, 19 ans. «Nous, on n'a rien. Rien de chez rien. Alors même si la période d'essai dure dix ans, ce n'est pas un problème : je signe tout de suite», renchérit Malik, titulaire d'un BEP chaudronnerie, qui n'a jamais travaillé. Et Rachid, BEP en maintenance :
    «Pour un patron, c'est plus rassurant. Il va prendre plus facilement le
    risque d'embaucher des jeunes comme nous en se disant : dans le pire des
    cas, je pourrai toujours les licencier.»
    Ben voyons !


    Mais demain, quand le gouvernement profitera de la présence des banlieusards
    dans les manifs estudiantines avec l'objectif de discréditer la contestation anti-CPE à cause de ceux, parmi eux ou non qu'importe, qui cassent et qui agressent, ils seront de nouveau montrer du doigt, réduit au rôle de dindons de la farce, et ce sera bien fait pour eux. Quand les victimes sont trop lâches, on en veut un peu moins aux bourreaux surtout si la contestation, elle, victime de cet amalgame, devait irrémédiablement en pâtir au yeux de l'opinion publique...


    Quand les jeunes des cités seront en mesure d'avoir une opinion personnelle au
    lieu de cultiver l'esprit de bande et de quartier, de sacrifier leur libre arbitre à la
    culture du groupe, perdre leur identité et toute notion de réflexion individuelle comme dans les sociétés antiques où l'individu n'avait aucune existence en dehors de la Cité, aujourd'hui le Quartier; alors ils seront en situation d'imaginer un autre futur pour eux, de conceptualiser et d'élaborer un projet d'avenir et d'être capable de revendiquer autre chose que ce qu'on lit dans les textes rap hardcore : fumer des gros cigares, porter de beaux costards, frimer au bras de superbes nanas au volant d'une Ferrari
    Testarossa et maintenant, comble de leur ignorance politique : passer d'une réalité de chômage à celle de titulaires d'un sous-contrat de traîne-misère.
    Traîne-misère ils sont, traîne-misère ils revendiquent à perdurer car ils n'ont pas même la capacité de jauger où se trouvent leurs intérêts supérieurs, incapables de déterminer ceux qui profitent de leur condition d'exclus et de parias ...
    Dans leur matérialisme affligeant, ces égoïstes se satisferaient bien de leur HLM et d'une société bien plus injuste encore qu'elle ne l'est déjà, si seulement ils avaient leur part du gâteau, s'ils pouvaient frimer, quincaillerie, artificiel et opportunisme comme l'essence de leur cubisme ambiant et culturel sur lequel ils semblent adorer se casser les dents, et saboter, par leur unique présence, une contestation qui, une fois de plus, les dépasse ...


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