Chers amis, chers électeurs, ils sont nombreux comme le lutin contestataire Demos qui écument les news-groups depuis des lustres, à attester l'omniprésence du militantisme front-nationaliste sur les forums de l'Usenet, et sa progression spectaculaire sur tous les espaces d'échanges disponibles sur le Net. Les milliers de news-groups non modérés demeurent, en effet, le terrain d'action propice au déploiement d'une armée de l'ombre quoique tapageuse, que trop visible, même rampante dans le vacarme sourdingue du Cyber-espace.
Déjà en 2004, une étude de la Sce Datops,(1) spécialisée dans la veille de l'information sur Internet, avait montré la domination absolue du Front National sur les forums de l'Usenet français; et évalué pratiquement la visibilité de Jean-Marie Le Pen à celle du Président de la République étant l'un des hommes politiques les plus cité sur les forums. Aujourd'hui, la presse spécialisée ironise constamment à propos de l'interface ringarde du site officiel du FN, et son manque d'interactivité, en sous-estimant la visibilité réelle de ce parti et, surtout, l'ubiquité funeste qu'il exerce sur l'Usenet. Depuis plusieurs années, le FN a opté pour une stratégie intelligente qui ne lui coûte pas un centime. Cette stratégie consiste à communiquer de façon officielle d'un côté, tout en confiant aux militants, de l'autre, la mission d'occuper le terrain du débat. Et pendant que des escadrilles de militants assènent brutalement leur véridicité sur tout l'Usenet, le parti se cantonne dans une ligne officielle aseptisée, propre à amadouer la gente honnête des citoyens. Régulièrement, les représentants du Front National diffusent des communiqués officiels sur les forums politiques - c'est ce que Fabien Granjon appelle « les passeurs » dans son étude sur le néo-militantisme- (2) tandis que d'autres agissent en ordre de bataille en verrouillant toute discussion hors du champs de thématique préformaté par le parti. Que l'on ne s'y trompe pas, cette occupation ne reflète en aucun cas la pensée politique dominante. Des milliers de fils témoignent, en effet, du vandalisme pratiqué par le militantisme d'extrême-droite quand il s'agit de saboter une discussion incompatibles avec sa ligne de pensée. Tout est, ainsi, permis pour mettre hors-circuit les « combattants ennemis de la France, » : confusion, détournement de discussion, invectives constantes, calomnies, attaques personnelles durant des mois, usage de multiples pseudonymes afin de créer soit l'illusion d'une conversation, soit une fausse unanimité autour d'une prise de position, solidarité sans faille entres militants FN, communication permanente sur les thématiques du FN, en évitant comme l'atteste les conseils vus sur le site officiel - toute propagande politique « directe » afin d'échapper aux modérateurs lorsqu'il en existe.
L'étude Datops date de 2004, aujourd'hui, le phénomène s'est considérablement amplifié. Des groupes comme « fr.soc.politique », ou l'antédiluvien « af.politique » par exemple, sont devenus des terrains minés où le néophyte est rapidement éjecté quand il déplaît à un conventicule tout puissant. Autrefois, l'idée d'un tri entres débats de qualité et discussions acaloriques était un objectif à peu près réaliste, aujourd'hui, une telle démarche friserait le ridicule. Le groupe « fr.soc.politique » est noyé dans un torrent de tracts méphitiques déversé par des abonnés hystériques qui postent à la semaine plusieurs centaine de fils remplis d'humeurs corrompues. Ces professions de foi trahissent, le plus souvent, les pulsions rédhibitoires symptomatiques de la faiblesse humaine, et participent avec succès à la ruine de ce groupes de discussion. En quelques années seulement, les militants frontistes ont délibérément discrédité « fr.soc.politique » en faisant fuir les contributeurs historiques avant d'en prendre le contrôle absolu. Dans une interview, G. Vicquet, membre du Front national, a vu dans l'Internet « une vitrine internationale pour le FN «(3). Effectivement, force est de constater que sur « soc.culture.french », la quasi-totalité des messages rédigés en Français émanent de sympathisants FN ... Et ce n'est pas joli à lire ! Soyons compatissants avec ces pauvres Américains qui n'ont d'autre alternative en Français que de choisir entre les reproches de Demos et les pouacreries de l'extrême droite française ! Bien évidemment, ce vandalisme touche en priorité les groupes à vocation politique, mais il atteint toutes les thématiques. Ainsi, le site du FN ne se prive pas de conseiller à ses sympathisants l'occupation des groupes de news qui relèvent « d'un hobby », et de citer en exemple ceux traitant de chasse, d'automobile, de culture, d'environnement, de régionalisme, etc .. J'ai, moi même, eu l'occasion de croiser des militants frontistes sur « fr.art.Poesie ». Dans le Télérama du 25 février 2004, Martial Bild, délégué général adjoint du FN, reconnaît fièrement « Oui, on demande à nos partisans de se rendre sur les forums ! Les groupes de news permettent de prendre la température de la population sans le filtre des médias et constituent un bon vecteur de diffusion de nos idées ... »
Nous l'avons indiqué dans l'introduction de ce billet : la stratégie du FN ne se limitait ni aux forums de l'Usenet, ni aux listes de diffusion. Elle cherche aussi à atteindre d'autres espaces de communication présents sur l'Internet. L'occasion est souvent servit sur un plateau de taper sur les gauchistes ou de se défouler de ses projets contrariés. L'on a vu, notamment sur Agoravox,(4) des articles ou des commentaires d'expression radicale atteindre des scores très élevés par le truchement de l'activisme frontiste cherchant manifestement à créer une fausse unanimité autour d'une prise de position. Il y a urgence, d'une part à ce que les partis politiques ré-investissent rapidement les groupes de news, d'autre part que les plates-formes en pleine expansion comme Agoravox s'assurent que les frontistes, ou tout autres militants, échouent dans leur tentative de travestir la réalité du débat démocratique en agissant en commandos et non en contributeurs honnêtes
1. http://www.temps-reels.net/article1490.html
2. http://www.temps-reels.net/article1045.html
3. http://www.hemisphair.net/index.php/2004/02/25/p280
4. http://www.agoravox.fr/sommaire.php3
Publié par demos à 16:22:27 dans La complicité des Médias. | Commentaires (5) | Permaliens
Chers amis, chers électeurs, ayons une pensée chrétienne à l'égard de Walter Jones car trop de Français ont oublié ce député conservateur et fervent pentecôtiste de Caroline du Nord. En 2003, ce missionnaire de choc avait proposé que l'on débaptise « les French Fries » des menus de la cafétéria du Congrès en faveur du terme « Freedoom fries », s'estimant dégoûté par l'égoïste et le pacifisme capitulard de la France. A l'époque, W. Jones orchestra une campagne anti-française inouïe au cours de laquelle la piétaille étasunienne se libéra de son complexe d'infériorité à notre égard, et plus trois cents millions de gâte-sauce se sont nourris, pendant des mois, dans la même mangeoire en se se délectant des tonnes d'ordures proposées à la carte de leur médias de masse. Des quotidiens aussi prestigieux que le New-York Time ou le Wall Street Journal ont vilipendé la France pour sa " lâcheté, son ingratitude et son insolence ", lui reprochant de « défier le pouvoir des Etats-Unis ». La France dont la politique étrangère consistait « à protéger les tyrans ».(1) Sans oublier, Edward Koch, et son cri de vengeance : " Gallia delenda est ! " (" Que la Gaule soit détruite ! ") Ce furent des milliers de caricatures ignobles et infamantes inconnues en France depuis la période noire de la Collaboration qui participèrent à un lynchage médiatique en bonne et due forme effroyable de violence et de mépris.(2) Fort bien...
Figurez-vous que dans une interview donnée à un journal australien, W. Jones estime, à présent, que l'expédition en Irak a été lancée « sans justification », et que sa proposition ridicule de changer l'appellation des French fries est une idée « qu'il aurait préféré de jamais avoir eue ». Il faut préciser que depuis quelques mois, W. Jones a tourné casaque. Aujourd'hui le brave homme fond en larme chaque fois qu'il évoque les jeunes GI's tués en Irak, et, entre deux reniflements, il a présenté à la Chambre des députés une résolution exigeant de l'administration Bush un calendrier de retrait. Fort bien, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.
Nous savons que les Etasuniens vivent dans la peur, au mieux l'angoisse permanente. Cette peur primaire portée à son paroxysme depuis les attentats du 11 septembre est une constante dans l'histoire de ces nouveaux tondus du XXIème siècle.(3) La peur de l'autre, notamment de l'étranger, est tenace comme le confirme encore une récente enquête,(4) mais ils semblent, enfin, disposés à admettre le bilan affligeant de leur croisade. Paul Wolfowitz, Secrétaire d'état adjoint à la Défense jusqu'en juin 2005,(5) a estimé que la " France devra payer les conséquences de son opposition à l'intervention américaine en Irak ». Aujourd'hui, force est de constater que ce sont les USA et leurs victimes qui payent la facture de cette décision funeste. La facture humaine est, pour l'instant, de plus de 3000 militaires étasuniens tués, (6) auxquels il faudrait ajouter les morts militaires de leurs alliés. 655.000 morts selon les sources, chiffre à comparer avec celui des militaires disparus pour mesurer le nombre de civils tués (7), de 12.000 à 25.000 selon les sources avec un record de 3709 civils tués en octobre.(8) La facture économique est évaluée, selon les sources, de 1 à 2 billions de dollars.(9) Des économistes estiment que le coût de la guerre en Irak aurait permis de payer la lutte contre le sida pendant plus de 10 ans, qu'une campagne mondiale de vaccination infantile aurait pu être financée pendant près d'un demi siècle, ou encore, la création de plusieurs millions d'emploi.(10) La facture politique est gargantuesque, non seulement l'Irak est dans le chaos absolu, l'Iran est, à présent, libre d'étendre son influence partout sur cette partie du monde, le terrorisme n'a jamais été si insolent, si déterminé; mais il faut ajouter à cette faillite, l'image déplorable de l'Amérique dans l'opinion internationale au yeux de laquelle, elle est devenue un danger pour l'humanité (11) avec des conséquences néfastes exponentielles. Elle est belle l'Amérique !
1. Une campagne à peine moins scandaleuse fut orchestrée en Grande-Bretagne, le 20 février 2003, le Sun, le plus lu des journaux britanniques, traitera Jacques Chirac de «ver» sous une caricature infamante.
2. Exemple d'humour anglo-saxon : Savez-vous que la poste a dû arrêter de vendre des timbres de Français célèbres ? Les gens ne savaient pas s'il fallait cracher sur l'envers ou sur l'endroit.
3. Demos le blog
4. Cyberpresse
5. Depuis le 1er juin, il dirige la Banque mondiale
6. Rtl info
7. Le prix de la liberté
8. Rapport d'étude britannique (2003-2005) - civils tués en octobre 2006
9. Lexpansion ou Le-cout-de-la-guerre-en-Irak) ou Costofwar
10. Sciencepresse
11. Cyberpresse ou Le Monde
Publié par demos à 11:46:59 dans La décadence étasunienne | Commentaires (2) | Permaliens
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