• Et maintenant, mes chers amis, comme pour le vote noniste, nous allons payer la facture.
    Elle sera lourde car les néolibéraux ont l'écume aux lèvres. Tout fut de la faute des nonistes, tout sera de la faute des anti-CPE, chômage, déficit, croissance ridicule en valeur brute, etc ... bref ... il faudra être fort et motiver pour encaisser ce qui se prépare...


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  • Mes chers amis, il faut tirer deux enseignements majeurs de la crise du CPE.

    Le premier à les traits affligés, le visage souvent dépité de nombreux
    étudiants en apprenant l'abrogation de l'article 8 de la loi sur légalité
    des chances. Certains commentateurs semblent s'en étonner, mais pas Demos.
    Jeunes inconsolables, non parce qu'ils douteraient que le terme
    «remplacement » employé par le Premier ministre cache un CPE bis sous
    quelques mesures sournoises, mais parce que cette contestation - de la plus
    haute importance - n'en demeure pas moins le prétexte à une critique globale
    qui couve depuis des mois sans cesser de grossir : celle du modèle
    néolibéral. La crise du CPE, mes chers amis, c'est l'arbre qui cache la
    forêt.
    Si depuis trois mois, il stigmatisait le triomphe néolibéral en France,
    aujourd'hui le CPE n'existe plus. Il n'existe plus certes, mais la
    précarité oui, mais l'injustice oui, mais l'exclusion oui et cela les jeunes
    le savent, le sachant ils sont tristes comme le lutin Demos est triste; ils
    sont frustrés comme lui par cette demi victoire. Ils sont frustrés car ils
    se régalaient à surfer sur la vague enthousiasmante qui ne reconnaît dans le
    réel que ce qui peut se réaliser par liberté. Ils ont eu trois mois pour
    questionner leur conscience et répugnent maintenant à se livrer à une
    indigestion de réel. Ils ont goûté à l'ivresse de porter leur enthousiasme
    autre part que dans le nihilisme idiot et affligeant des néolibéraux qui
    n'offrent aux salariés en général et à la jeunesse en particulier aucune
    autres perspectives qu'une existence précaire, que l'exploitation ou
    l'assistanat, que la soumission ou la clochardisation de la rébellion.

    Mes chers amis, non seulement la jeunesse de ce pays est remplie de projets,
    mais elle est motivée dès qu'il s'agit de réformes ambitieuses.
     Je pense aux 86% de jeunes de moins de 26 ans favorables à la
    création d'un service civil obligatoire de solidarité par exemple. (1)
    Les jeunes, mes chers amis, refusent la peste et le choléra qu'on leur
    propose soutenus par une population largement associée à leur résistance
    Les jeunes que les néolibéraux présentent comme une charge pour la société
    ne sont pas des boulets à traîner. Au contraire, les véritables forces de
    progrès de ce pays les tiennent pour une fierté et une richesse au service
    de notre société capable de bousculer les mentalités et de réunir les
    conditions d'un monde meilleurs. C'est toute la différence...!

    De la crise franco-américaine au sujet de la guerre illégale d'Irak, en
    passant par le vote noniste du référendum européen, la révolte des
    banlieues, et maintenant la crise du CPE, pointe le second enseignement de
    cette crise constructive.
    La France est devenue la figure emblématique de la résistance à la
    globalisation libérale. C'est un pays à soumettre, un pays à réduire voire,
    à abattre. Mais cette offensive néolibérale orchestrée par les USA est aussi
    un challenge pour nous. Ce n'est pas un handicap comme ces oiseaux de
    malheur néolibéraux s'évertuent à le criailler de leur petites ambitions.
    L'histoire prouvera que nous ne seront pas tombés dans l'erreur historique
    de l'utopie capitaliste. Les néolibéraux sont anesthésiés par l'illusion du
    succès en oubliant que la crise française n'intéresserait pas le monde sans
    être en même temps, le reflet d'une crise profonde à vocation planétaire;
    une crise que la société occidentale refuse d'admettre face à la
    globalisation libérale. Comme si les Européens ou les Américains pouvaient
    s'intéresser à la crise française du CPE si cette crise n'était pas aussi
    pleinement la leur. Et l'exemple affligeant de la façon rocambolesque dont
    les médias étrangers traitent l'information depuis plusieurs mois, montre à
    quel point les néolibéraux sont impuissants malgré leur efforts de
    désinformation à contrecarrer cette évidence.

    Face à cette mascarade médiatique de plus en plus contestée, de moins en
    moins tolérable, la France, loin de se ridiculiser, vient d'insuffler une
    dimension internationale au courant anti-néolibéral en donnant l'exemple de
    ce qu'il faut faire concrètement pour endiguer ses ambitions démesurées.
    Un vent de « mondialisation de la résistance » vient de souffler sur la
    planète comme le tsunami a entraîné après son passage et pendant quelques
    mois une « mondialisation de l'émotion « .
    D'une contestation nationale, limitée aux frontières de pays qui agissent
    isolés - comme par exemple le Venezuela - ou limitée à l'action associative
    fusse à vocation internationale - comme l'ONG Attac affaiblie par son refus
    obstiné à se former en parti politique international - le Peuple de France a
    choisi la voie du « bon sens » de penser une autre réalité que celle imposée
    par la droite néolibérale.

    Mais il faut clarifier pour être compris du plus grand nombre. Il ne serait
    pas honnête de prétendre proposer le modèle français comme réponse unique
    aux côtés néfastes de la mondialisation. Certes, je le tiens incontestablement
    supérieur en terme de progrès au modèle étasunien, mais je
    ne prétends pas qu'il doive s'imposer. Sinon, cela reviendrait à cautionner
    la politique agressive que les USA appliquent depuis 30 ans à l'encontre de
    ceux qui contestent leur vision du monde. Au contraire, un pays comme la
    Suède par exemple, possède un modèle progressiste dont nous aurions tout
    intérêt à nous inspirer tant du côté de la décrispation des moeurs que de la
    façon de faire la politique.

    Mais l'urgence n'est pas d'imposer un modèle ou un autre, l'urgence est de
    provoquer un débat international sur le devenir de la mondialisation; sur la
    question essentielle de savoir si le néolibéralisme est une fatalité du XXIè
    siècle ou si un autre monde est possible; à quelles conditions; de quels
    sacrifices ne pourrions nous éventuellement faire l'économie et pourquoi.
    C'est cette prise de conscience internationale que la crise du CPE a fait
    surgir de façon presque instantanée.

    Mes chers amis, le néolibéralisme n'a pas le monopole de la mondialisation !
    J'ai lu sur un forum international au milieu d'un flot d'insultes
     (le plus souvent proférées par des Français eux même expatriés au
    demeurant), j'ai lu que la France est le dernier rempart de l'humanité. J'ai
    vu aussi pour la première fois à Paris, John Monks, secrétaire général de la
    Confédération européenne des syndicats (CES), et des manifs de soutien
    devant l'ambassade de France de plusieurs capitales.
    Ce que nous allons provoquer à court terme, c'est un débat à l'échelle
    planétaire car il n'est pas pensable d'admettre sans la moindre réflexion
    que le néolibéralisme soit une fatalité pour l'humanité.
    Ce qui nous allons faire en 2007, c'est élire un candidat capable de
    présenter un programme à vocation européenne voire à vocation
    internationale. Nous élirons un homme ou une femme qui s'engage à se rendre
    au Conseil de l'Europe, à l'Onu, partout dans le monde pour porter,
    promouvoir et encourager, à partir d'institutions internationales
    existantes, une réflexion à l'échelle internationale sur l'avenir de la
    société occidentale, et promouvoir ce qui est bon dans notre modèle au lieu
    de laisser le champs libre à ses détracteurs.
    Un élu capable de tisser des liens avec les pays et les courants de pensée
    de toutes obédiences qui s'opposent aux néolibéralisme.Un élu capable
    d'avoir le courage de rompre avec des partenaires qui s'évertuent à ne
    concevoir leur relations qu'a travers l'économie de guerre.

    Combien de temps encore, le politique acceptera t-il de se plier aux
    exigences du marché alors que l'Occident est de plus en plus riche, alors
    que la planète est en passe de subir un désastre écologique sans précédent à
    cause de cette course effrénée à l'auto-destruction ..?
    S'il apparaît évident que les élus sont impuissants - le cas de Jean
    Lassalle prouve tout de même que certains ne supportent plus cette
    impuissance à réguler la loi du marché - aucune puissance financière n'est
    capable de s'opposer à la volonté des Peuples. A ce sujet, William Pfaff,
    auteur d'un article paru dans International Herald Tribune du 30 mars 2006
    intitulé « Capitalism under fire » eut cette phrase au sujet de la jeunesse
    française « Leur prise de position qui peut sembler rétrograde ou même
    ludique pourrait s'avérer prophétique ». A suivre ...


    1) Sondage TNS commandé par le CIDEM. Nous sommes favorables à un service civil de solidarité à condition qu'il ne soit pas obligatoire et, surtout, qu'il ne soit pas accaparé par l'armée.


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  • Mes chers amis, le nouveau-né CPE agonise à faire pitié même ceux qu'il dégoutte de sa laideur indécente. Le modèle français abusé et engrossé par le néolibéralisme a accouché d'un déchet d'avortement à l'article de la mort. Sans bougé, sans mot dire, gangrené jusqu'au nombril, pourrissant sur le trottoir de la contestation populaire, il est exhibé en spectacle et pour nous ce spectacle est une vision d'horreur excitante de sadisme, un cauchemar jubilatoire. Face à l'épidémie de la révolte, on dirait que toute la colère de la droite néolibérale s'extirpe de ses vagissements muets de mort-né... Gageons qu'en disparaissant si jeune, le CPE profitera plus longtemps qu'un autre de la mort.

    De son côté, le Premier ministre est à présent isolé, abandonné par son mentor; il porte seul dans les bras la dépouille de son protégé non sans l'espoir d'un miracle. Le voilà croyant maintenant ce triste matérialiste, dans l'espérance lui aussi, forcément envahi d'exigences chimériques tandis que le spectacle de son deuil justifie pour l'assembleur de nuées qu'il est devenu, le jugement de sa déperdition politique en même temps que le salaire mérité d'un échec personnel causé par une politique suicidaire. Pour de Villepin, tout espoir de s'élever à la fonction suprême semble anéanti. Et dans cette généalogie degénéréscente et trisomique, le patriarche CNE, le fameux contrat nouvelle embauche issu, lui aussi, d'un germe politique humainement modifié par la cupidité néolibérale, devrait à son tour suivre le funeste destin de son clone CPE.


    Chute des grands et petits venins qui faisaient fi de la précarité de nos enfants, des petites gentes aussi, et dont le destin tragique vit le fils trépassé avant le père. Comble de l'injustice, n'est-ce pas, quand l'enfant meurt avant celui qui l'a enfanté et quand le vieux plutôt que de s'éteindre paisiblement expire dans une lente agonie ...?Cette agonie, je ne l'invente pas; c'est celle que s'apprête à faire subir l'autorité judiciaire au CNE. La Justice de ce pays à une griffe de chatte aiguisée par 100 ans de jurisprudence sociale, et de la lecture des premières décisions rendues dans le cadre des conflits nés du CNE se profile un diagnostic très sombre pour le perclu ... Il y a quelques jours, un patron voyou à été condamné à 17 500 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de la fameuse période de consolidation. Comme une menace, les juges n'ont pas manqué de préciser dans leur attendu que « le CNE était destiné à favoriser de « nouvelles embauches » et non à être utilisé dans le seul but de précariser la situation d'un salarié et d'éluder le droit du licenciement ... Violente morsure qui ne manquera pas d'infecter la famille des faux-contrats CPE et CNE car c'est une chose de dispenser l'employeur de motiver un licenciement, c'en est une autre de croire qu'il peut licencier sans motivation ... Cela le gouvernement n'y avait pas pensé, ou plutôt, il a une nouvelle fois menti non seulement aux Français mais aussi aux entreprises ...


    Mes chers amis, on ne tire pas un trait sur cent de jurisprudence sociale et d'acquis chèrement gagnés dans la lutte, toujours avec sacrifice, souvent à l'issue de négociations menées intelligemment ... Tout cela le gouvernement l'avait oublié mais la doctrine pas, les juges pas, la Justice pas, le Peuple non plus; tout est écris d'avance dans cette lamentable offensive néolibérale qui n'en finira pas de se casser les dents sur un modèle allergique à la précarité ...


    Maintenant, non seulement nos juges exigent un motif de licenciement, mais ils n'accepteront pas n'importe lequel ... conformément soit dit en passant, à l'avis rendu par le Conseil d'état lors des travaux préparatoires à l'élaboration du CNE ... Licencier sans fournir de cause au « titulaire » certes c'est légal depuis le CNE, mais seulement pour deux raisons : l'insuffisance professionnelle, ou la cause économique. Par conséquent, sauf à respecter ces deux conditions, la procédure expéditive du CNE est insuffisante et l'employeur devra se conformer au droit commun des licenciements. Certes, c'est au salarié de supporter le poids de la preuve - belle mentalité que celle de faire supporter à la partie économiquement la plus faible le poids de la preuve - mais dans ce parcours du combattant, le titulaire remercié aura le juge comme allié. Et comme il ne pourra obtenir le motif de son licenciement qu'en saisissant les tribunaux, il faut s'attendre d'ici quelques mois à une escalade des actions en justice à l'encontre des employeurs. Vous devez vous convaincre, mes chers amis, que les gens, et c'est bien naturel, voudront savoir pourquoi ils ont été remercié quitte à devoir ester en justice pour le savoir et par là même en contester les motifs ... Les patrons-voyous se croyaient protégés par un contrat scélérat, ils vont goutter eux aussi aux vertus de la précarité juridique. Demain, si le CNE et le CPE se maintiennent, les Conseils de prud'hommes seront à la porte de leur entreprise; l'horreur absolue des petits patrons plantée juste devant le paillasson du bureau d'entretien préalable au licenciement ... Quelle leçon magistrale les juges viennent de donner à notre gouvernement de pendards ....!



    Hier, les employeurs devaient justifier leur motivation aux salariés licenciés, sans contrôle du juge à priori, aujourd'hui c'est au juge qu'ils devront fournir la cause du licenciement. ... nous les plaignons les bons autant que les mauvais ...
    Raisons économiques ... fort bien ... mais alors quand la situation s'améliorera il faudra songer à réembaucher le salarié licencié ou lui proposer le poste à pourvoir ... je n'invente rien, c'est la jurisprudence ...
    Insuffisance professionnelle ... fort bien ... mais comme seulement 10% des salariés embauchés en CNE ont un Deug et 3% seulement bac +3, autant dire que la plupart des postes pourvus grâce au CNE sont sans aucune qualification, on voit mal comment les employeurs pourront convaincre des juges méfiants qu'ils auront du attendre trois mois, quatre ou plus pour s'apercevoir de l'insuffisance professionnelle d'un salarié affecté à un poste subalternes ... alors deux ans, mes chers amis, vu comment la jurisprudence réagit, il y a fort à parier que ce sera mission impossible et pour cause ...


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  • Mes chers amis, je lis ou j'entends ça et là que le Conseil constitutionnel (CC) pourrait permettre au gouvernement de trouver une sortie honorable dans le conflit qui l'oppose non seulement aux jeunes, mais aussi, ne l'oublions pas, à trois Français sur quatre au sujet de son CPE actuellement perclus et allité. Je rappelle que le CC n'est pas une institution rendant des décisions politiciennes, ni un organe de sauvetage des imbécillités des gouvernements de gauche comme de droite; c'est une juridiction dont la compétence s'exerce, au moins depuis 1974, sans complaisance avec les contre-pouvoirs ... Il y aurait une regrettable confusion à penser ou faire croire aux Français que le CC ferait du zèle à l'égard de l'exécutif ou du législatif ayant toujours était le garant du respects de la Constitution, mais aussi des Droits et des Libertés attachés au bloc de constitutionnalité sans jamais faillir que nous sachions, ou dénoncé dans le passé par un quelconque juriste constitutionnalite de ce pays. D'ailleurs, il vient de le prouver une nouvelle fois en censurant 11 des 31 articles de la loi relative à l'égalité des chances entre les femmes et les hommes. Il vient aussi de déclarer inconstitutionnelles certaines dispositions de la loi de finances pour 2006 sur le principe, tenez vous bien, de la «sécurité juridique» des contribuables. Cette décision s'inscrit dans la continuité de la politique jurisprudentielle du Conseil constitutionnel, et de la consolidation par les sages d'un principe qui semble, nous l'espérons, voué à un grand avenir. Nous y reviendrons s'agissant de sa compatibilité avec CPE.


    De ces deux récentes décisions, quelles informations cruciales pourrions nous tirer de nature à nous éclairer sur le recours formulés par l'opposition contre le CPE ..?


    La première est que le Conseil vient de réaffirmer ce qu'il ne cesse de dire depuis des années : La politique des quotas est incompatible avec la Constitution française. C'est un avertissement à tous les politicards défenseurs de la discrimination positive. Le principe d'égalité ne le permet pas. Ceux qui disent le contraire doivent tomber le masque et avoir le courage d'avouer aux Français que la discrimination positive est un concept de common law; c'est à dire une approche angloflasque de l'Egalité. Admettre des quotas, c'est faire de la discrimination positive, c'est s'engouffrer dans la modèle étasunien ... qu'on se le dise ... Nous avons un modèle que le CC entend défendre, or, le CPE porte un coup fatal à notre modèle social. Précarité contre baisse du chomage est un choix de société à l'américaine, et nous suivrons de près si le Conseil réitère sa conception française dans ce domaine de société comme il l'a fait dans celui de la parité homme-femme ....


    La seconde, c'est qu'il ne peut y avoir d'incompatibilité entre deux principes constitutionnels. En effet, s'appuyant sur le préambule de la constitution de 1946 et la Constitution de 1958, le CC vient de réaffirmer que l'égalité des hommes et des femmes est un principe constitutionnel, certes, mais que la Constitution n'offre pas les moyens d'en assurer la réalité en bafouant d'autres principes. C'est dire en d'autres termes que le Droit peut rogner le principe de l'égalité mais dans une stricte limite et sous le contrôle du CC ... Dans ce pays, on ne lutte pas contre l'injustice en créant d'autres injustices ... On ne devrait donc pas pouvoir lutter contre le chômage en bafouant les droits les plus élémentaires du salarié comme c'est le cas avec le CPE . .. On est pas des Américains merde !..


    La troisième information vise les moyens du recours formulé devant le CC par l'opposition parlementaire. On sait que l'opposition soulève 4 moyens devant les sages; deux moyens de fond et deux moyens de forme.


    1) les moyens de fond.


    En premier lieu, le CPE violerait le « principe d'égalité », l'égalité entre salariés en l'occurrence comme entre un salarié en CDI et le « titulaire » d'un CPE. Fort heureusement, depuis des années, le CC considère que le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que la loi règle de façon diffère des situations différentes, ni à ce qu'on y déroge pour des raisons d'intérêt général. On ne voit pas comment les sages pourraient justifier dans leur décision une censure du CPE fondée sur la violation du principe d'égalité tout en écartant l'exception d'intrêt général puisque la lutte contre le chômage des jeunes poursuit indubitablement un but d'intérêt général pour la Nation. En revanche, on peut espérer que le CC considère le CPE comme portant une atteinte beaucoup trop importante au principe de l'égalité entre les salariés comme il l'a fait dans sa décision sur la parité homme-femme en instituant une période d'essai  dite de « consolidation » au point de rendre ce déséquilibre incompatible avec la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen malgrè le prétendu intérêt général poursuivi par la loi ... C'est une hypothèse à suivre...


    En second lieu le moyen soulevait de l'incompatibilité du CPE avec la convention de l'OIT et de la Charte sociale européenne est, selon la jurisprudence actuelle du CC, irrecevable puisque depuis des années, le CC considère qu'il ne lui appartient pas de contrôler la conformité d'une loi avec un traité régulièrement ratifié. C'est dire en d'autres termes qu'il est, certes compétent avant la ratification, mais une fois la ratification opérée le CC abandonne à la Cour de cassation et au Conseil d'état la compétence de déclarer une loi contraire à un traité . Ce qu'elles ne se gênent pas de faire depuis 1975 pour la Cour de cassation et 1989 pour le Conseil d'état. A ce sujet, même si le CPE n'est pas censuré par le CC, il faut s'attendre qu'il le soit par nos deux hautes juridictions à l'avenir car, effectivement, il est incontestable que le CPE viole à la fois la convention de l'OIT et la CSE ... Malheureusement, sauf revirement improbable, le Conseil refuse de le dire lui même, en tout cas, pas sans une volte-face de sa jurisprudence constante ...


    2) Sur les moyens de forme,


    Un moyen reproche au gouvernement de ne pas avoir consulté le Conseil d'état avant l'introduction de l'amendement instituant le CPE . Selon toute vraisemblance, le CC ne devrait pas admettre ce moyen puisque il ne s'applique pas en matière d'amendement des projets de loi en discussion, ce qui fut le cas pour le CPE qui, je le rappelle, n'était qu'un simple amendement (si l'on puis dire) à un projet de loi qui se veut plus général. Un simple amendement certes, mais un amendement tout de même, ce qui semble conforme à la jurisprudence du CC.


     


    L'autre moyen de forme reproche à l'amendement instituant le CPE de s'inscrire dans une adjonctions au texte de loi sur l'égalité des chances en cours de discussion dépourvues de « tout lien » avec l'objet du projet soumis au vote du Parlement. C'est ce que l'on appelle un « cavalier » Le CPE peut-il être considéré sérieusement comme dépourvu de «tout lien» avec le projet de loi sur l'égalité des chances, ? Une loi qui vise à faire de l'égalité des chances une réalité pour tous, qui comprend des mesures pour l'éducation, l'emploi et le développement économique, notamment des dispositions relatives au contrat de professionnalisation, qui comprend de larges passages sur l'apprentissage, l'emploi et la formation, et depuis l'amendement incriminé le fameux CPE, la logique juridique devrait l'emporter et le Conseil risque fort de rejeter ce moyen ...


    En quatrième lieu, mes chers amis, la décisions relatives à la censure de la loi de finances 2006 pour violation du principe de « sécurité juridique » (1) pourrait d'inscrire dans un quatrième moyen, proposé humblement par Demos à la communauté, oublié par l'opposition socialiste dans son recours tant elle est à la botte du courant des traitres hollandistes, tant on se demande si elle n'a pas fait exprès de l'avoir oublié comme oublié de saisir le CC lors du vote de la loi sur la prolongation de l'état d'urgence. Bref ... un moyen portant sur la violation du principe de « sécurité juridique ». Comme indiqué en introduction, la décision de censurer une loi qui violerait le principe de la « sécurité juridique » constitue une remarquable avancée du Conseil constitutionnel de sa jurisprudence en matière de Libertés individuelles et la consolidation par les sages d'un principe qui semble, nous l'espérons, voué à un grand avenir.
    Ce moyen soulevé d'office par le CC comme il en a le droit, pourrait être le prochain argument juridique admis par lui afin de censurer le loi sur le CPE car ce « faux-contrat » institue la précarité à l'encontre des jeunes salariés et constitue une atteinte flagrante à un principe que le CC semble condamner. Il vient de le faire pour les contribuables, il pourrait logiquement l'appliquer pour les salariés.
    Implicitement, les vieux sages semblent aiguiser leur vieilles dents et la morsure empoisonnée qui se prépare pourrait être fatale au CPE et causer l'agonie d'une politique néolibérale que les Français refusent depuis toujours, dans le mépris absolue de l'exécutif et du législatif mais que le CC entend faire respecter, du moins l'espérons-nous...


    En conclusion, mes chers amis, nous devons poursuivre la contestation du CPE dans la rue et sur tous les supports disponibles car rien n'est assuré côté Conseil constitutionnel et il n'existe aucune assurance que la Cour de cassation ou le Conseil d'état décide que le CPE est incompatible avec la convention de l'OIT ou la CSE, même si la violation est évidente et même si la jurisprudence sociales semble accueillir le contrat nouvelle embauche (CNE) avec la sévérité qu'il mérite en sanctionnant les patrons voyous qui se croyaient protégés par un contrat infâme que les juges analysent scrupuleusement ... et c'est tant mieux en attendant son abrogation le plus tôt sera le mieux ...


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    En savoir plus 1 : http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-02-billet-285105.html
    ---------------------------------------------------------------------------


    62 commentaires
  • Mes chers amis, le gouvernement manipule maintenant les jeunes des banlieues
    pour tenter désespérément de sauver le CPE perclus et alité...
    Alors, les médias à la botte des groupes de communication interviewent ces bouffons bouffis de rap matérialiste : «Deux ans de période d'essai ? C'est pas grave. Quand on n'a pas de boulot, c'est toujours mieux que rien», dit Patrick, 19 ans. «Nous, on n'a rien. Rien de chez rien. Alors même si la période d'essai dure dix ans, ce n'est pas un problème : je signe tout de suite», renchérit Malik, titulaire d'un BEP chaudronnerie, qui n'a jamais travaillé. Et Rachid, BEP en maintenance :
    «Pour un patron, c'est plus rassurant. Il va prendre plus facilement le
    risque d'embaucher des jeunes comme nous en se disant : dans le pire des
    cas, je pourrai toujours les licencier.»
    Ben voyons !


    Mais demain, quand le gouvernement profitera de la présence des banlieusards
    dans les manifs estudiantines avec l'objectif de discréditer la contestation anti-CPE à cause de ceux, parmi eux ou non qu'importe, qui cassent et qui agressent, ils seront de nouveau montrer du doigt, réduit au rôle de dindons de la farce, et ce sera bien fait pour eux. Quand les victimes sont trop lâches, on en veut un peu moins aux bourreaux surtout si la contestation, elle, victime de cet amalgame, devait irrémédiablement en pâtir au yeux de l'opinion publique...


    Quand les jeunes des cités seront en mesure d'avoir une opinion personnelle au
    lieu de cultiver l'esprit de bande et de quartier, de sacrifier leur libre arbitre à la
    culture du groupe, perdre leur identité et toute notion de réflexion individuelle comme dans les sociétés antiques où l'individu n'avait aucune existence en dehors de la Cité, aujourd'hui le Quartier; alors ils seront en situation d'imaginer un autre futur pour eux, de conceptualiser et d'élaborer un projet d'avenir et d'être capable de revendiquer autre chose que ce qu'on lit dans les textes rap hardcore : fumer des gros cigares, porter de beaux costards, frimer au bras de superbes nanas au volant d'une Ferrari
    Testarossa et maintenant, comble de leur ignorance politique : passer d'une réalité de chômage à celle de titulaires d'un sous-contrat de traîne-misère.
    Traîne-misère ils sont, traîne-misère ils revendiquent à perdurer car ils n'ont pas même la capacité de jauger où se trouvent leurs intérêts supérieurs, incapables de déterminer ceux qui profitent de leur condition d'exclus et de parias ...
    Dans leur matérialisme affligeant, ces égoïstes se satisferaient bien de leur HLM et d'une société bien plus injuste encore qu'elle ne l'est déjà, si seulement ils avaient leur part du gâteau, s'ils pouvaient frimer, quincaillerie, artificiel et opportunisme comme l'essence de leur cubisme ambiant et culturel sur lequel ils semblent adorer se casser les dents, et saboter, par leur unique présence, une contestation qui, une fois de plus, les dépasse ...


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