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    Jeudi 8 courant, chez Arlette Chabot, N. Sarkozy a mis en garde les Français contre l'idéologie pas moins de six fois. Toutes les idéologies sont dangereuses, insistait-il, sauf la sienne, cela s'entend ... Ainsi, en avril 2006, la libéralisation des services de renseignements téléphoniques (SRT) répondait à la nécessite, jugée impérieuse par la commission européenne, d'ouvrir à la concurrence une activité jusqu'alors sous monopole du service public. La libre-concurrence et son alchimie miraculeuse étaient censées favoriser la baisse des prix tout en améliorant la qualité des prestations proposées au consommateur. (1) En réalité, la libéralisation des SRT a causé l'effet radicalement inverse de celui tant célébré dans l'euphorie du moment. Aujourd'hui, la facture est salée, les nouveaux opérateurs en pleine tourmente conjecturale, tandis que le service minimum auquel pouvait prétendre le consommateur s'est considérablement dégradé. (2)

    Avant la déréglementation des SRT, le « 12 » employait à plein temps plus de 5000 salariés (3600 chez Pages Jaunes) sous conditions de travail, et sous statut incomparables. (3) Ce service public satisfaisait les usagers moyennant une contre-partie si raisonnable, qu'elle semblait gratuite aux yeux de la plupart des Français. (4) Mieux, le « 12 » répondait, à l'époque, à une demande beaucoup plus forte qu'elle ne l'est aujourd'hui. L'opérateur historique réalisait, en effet, près de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires annuels pour environ 270 millions d'appel sur la même période. (5) Depuis, entre l'essor fulgurant des abonnés haut-débit, et l'opacité dans laquelle sont plongés les SRT libérés, la demande a chuté de 100 millions d'appel en quelques mois. Cela étant, bien avant l'effet dévastateur de l'Internet gratuit, l'ouverture des SRT avait entraîné, en Grande-Bretagne, une chute de 40 % du marché, et jusqu'à 50% dans les cas de l'Espagne et de l'Italie. (6)

    I. Les mérites de la déréglementation systématique des marchés sont constamment vantés par N. Sarkozy, pas plus tard que jeudi de nouveau exposés lors de l'émission politique d'Arlette Chabot. Force est de constater que pour le 118, l'alchimie n'a pas du tout fonctionné. Depuis des mois, les associations de consommateur dénoncent les numéros compliqués à retenir, les tarifs opaques, le taux élevé de réponses aléatoires, et surtout, les manoeuvres peu orthodoxes destinées à fourguer au consommateur un service supplémentaire, généralement sur-facturé, dont il n'a, le plus souvent, strictement aucune utilité. (7)

    II. Non seulement la qualité du service s'est détériorée, mais les tarifs sont devenus prohibitifs. A l'instar de l'Espagne, où les prix ont doublé en trois ans, la déréglementation a eu pour conséquence directe une augmentation du tarif des prestations. Ironie du sort, tenez-vous bien, ceux qui, comme Pages Jaunes, ont joué à fond le jeu de la concurrence se retrouvent Gros-Jean comme devant, même perdants. Ainsi, selon Michel Datchary, directeur général du groupe Pages Jaunes, « Nous étions les moins chers, ceci ne nous a pas donné d'avantage sur le marché ». En jouant le jeu de la concurrence, Pages Jaunes a tout bonnement perdu des millions d'euros que le groupe entend résolument récupérer au cours de l'exercice 2007. (8) Chez SFR, cinq minutes coûtaient déjà 1,6,euros lors de l'ouverture du marché, le même service coûte aujourd'hui 3,05 euros (1,35 euro l'appel + 0,34 euro par minute). Il faut comparer ces tarifs proprement exorbitants avec ceux de l'ancien « 12 » - 0,90 euro l'appel sans mise en relation - pour mesurer pleinement la dimension de ce qu'il y a lieu de qualifier légitimement d'arnaque

    III. L'impérieuse nécessité d'éradiquer le gaspillage sert, trop souvent, de prétexte à la privatisation des services publics, y compris, lorsqu'ils apparaissent relativement invisibles comme l'était le « 12 ». En réalité, le plus souvent, la facture économique et sociale s'avère rapidement exorbitante comme l'atteste le bilan de la privatisation dans de nombreux dossiers où de nombreuses entreprises publiques françaises ont été bradées sur l'autel de la libre-concurrence. (9)  C'est ainsi qu'en un an seulement, les dépenses de publicité des opérateurs téléphoniques ont atteint près de 250 millions d'euros ! Ce chiffre représente 11 % des investissements publicitaires globaux (2,1 milliards d'euros l'an). Actuellement sur le marché des SRT, pour un euro dépensé, un euro est gaspillé dans la pub. (10)

    Au chiffre d'affaires réalisé chaque année par l'ancien « 12 » , il faudrait, pour être objectif, réintègrer annuellement 250 millions d'euros de revenus d'activité puisqu'il fonctionnait correctement sans la nécessite de recourir à cette stratégie publivore, et pour cause. Certes, ces dépenses de publicité sont incontestablement dus à la genèse d'un marché soumis à une concurrence impitoyable, mais il serait illusoire d'espérer qu'elles diminuent de façon significative une fois le marché stabilisé. Selon Philippe Vidal, Directeur de l'Unité d'Affaire chez France Télécom, en, 2007, « Les 118 ne seront plus des numéros de renseignements téléphoniques mais de renseignements tout court, présents sur le net comme Pages Jaunes. Et il faudra bientôt compter sur ce marché avec la concurrence de géants comme Google ou Yahoo ». Par conséquent, deux ou trois entreprises sur un marché soumis à la concurrence formelle doivent se battre à coups de millions d'euros en communication pour subsister. Les SRT n'échapperont pas à cette constante. Il suffit pour s'en convaincre de mesurer ce que les trois leaders mondiaux de l'équipement sportif ont investi en communication lors de la coupe du monde 2006, pour se rendre à l'évidence des sommes exponentielles misent en branle par ces géants lorsqu'ils s'affrontent. (11) Évidemment, l'argent gaspillé par ces entreprises pourrait être utilisé à tout autre chose qu'à matraquer le quidam de slogans débiles.

    IV. Quant à la doctrine libérale originelle inscrite, cela mérite d'être rappeler, dans la législation française depuis 1791, (12)  elle prône la liberté du commerce à travers une saine ouverture des marchés à la concurrence parfaite. Or dans les faits, l'ouverture des SRT à la concurrence telle qu'elle est pratiquée, favorise la concentration du marché autour de quelques entreprises empressées de le rendre invincible aux nouveaux investisseurs. Actuellement, trente entreprises survivent dans cette jungle moderne,  (13) mais seulement quatre d'entre elles jouent un rôle significatif. "Je pense que trois ou quatre acteurs resteront sur le marché", explique Valérie Schwartz, directrice des Pages Jaunes. Loin de favoriser la concurrence parfaite, un tel processus nourrit l'émergence d'ententes illégales, et encourage les positions dominantes. Il va sans dire que dans le langage néolibéral, deux entreprises élaborent des « accords de gestion » même lorsque leur collaboration tend à verrouiller le marché. (14)

    V. Quant à la question des emplois, le verdict est, lui aussi, sans équivoque. Certes, France Télecom n'a procédé à aucun licenciement sec, mais il n'existe aucune comparaison entre le statut des opérateurs historiques du « 12 » et les emplois créés par les nouveaux arrivants. J'évoque ici l'emploi français, car la plupart des opérateurs ont surtout créé des sous-emplois à l'étranger, préférant les régions du monde où les exigences sociales sont minimalistes. Il y aurait, au moins, un fond de satisfaction à sur-payer un service dans l'intérêt de populations méritantes qui aspirent légitimement à améliorer leur condition de vie, s'il ne s'agissait, en réalité, que d'engraisser des actionnaires profitant de la misère des pays que l'on nomme ironiquement « émergeant ». Des actionnaires qui, de surcroît, ne sont jamais satisfaits même lorsque les entreprises réalisent des bénéficies tout à fait honorables.(15) Ne serait-ce que par leur simple présence, exclusivement motivé par des considérations illegitimes et cupides, ces entreprises, loin d'exporter la richesse et le bien être, favorisent dans les pays en voie de développement la paupérisation et la misère de la condition humaine..

    En conclusion, que sont devenues nos entreprise publiques depuis les vagues successives de privatisations de ces dernières décennies? Sauf une succession de déboires et de restructurations qui n'ont, dans la plupart des cas, servi ni l'intérêt de l'entreprise, ni celui de ses partenaires, pas plus que celui de ses salariés, mais au contraire, trop souvent mis en péril sa propre pérennité. Tant de fleurons de l'industrie française purement et simplement sacrifiés, sous-évalués, dans des secteurs en pleine expansion, comme chez feu Alcatel, où des ingénieurs français à la pointe de la connaissance apprennent effarés qu'on s'apprêtent à les licencier. (16) Quel avenir pour EDF, leader européen de la production, de la distribution, et de la commercialisation d'électricité et gaz naturel aux mains de cette racaille financière? (17) Que va devenir le réseau autoroutier français maintenant qu'il est privatisé ? Serait-il devenu le deuxième réseau autoroutier d'Europe derrière l'Allemagne si l'argent versé pendant des décennies par les automobilistes, si la juste contibution au service existant avait servi à engraisser des actionnaires plutôt qu'à promouvoir l'expansion et la maintenance d'un réseau ultra-moderne ? (18)

    La tragi-comique épopée du 118 est autant une perte financière que la mise en oeuvre implacable d'une idéologie jusqu'à l'idiotie économique. L'idéologie de la libre-concurrence sacralisée et poussée jusqu'au paradoxe, ou comment l'utopie ultra-libérale contribua à détruire quelque chose qui fonctionnait correctement pour le remplacer par ce qui coûte plus cher, grossit dans le désordre et prospère grâce au gaspillage. Toute la dimension tragique de cette affaire se résume, finalement, à la casse volontaire et systématique d'un service public simplement parce qu'au yeux de quelques fanatiques, il commettrait le crime de propager en France l'Egalité et l'idée d'une certaine cohésion sociale. Méfiez-vous de l'idéologie clamait Nicolas chez Arlette s'adressant au quidam Paulo. Qui ne croyait si bien dire, et si bien entendu de tous les Paulo, n'en doutons pas un seul instant.

     

    1.la libre-concurrence, synonyme de liberté économique, doit elle être totale (concurrence formelle) - quitte à qualifier encore de concurrentiel un marché dans lequel apparaissent des entreprises d'une telle dimension qu'elles exercent de fait un monopole absolue - ou bien la libre-concurrence consiste t-elle à ériger des normes destinées à empêcher toute forme de monopole y compris celui d'une entreprise objectivement plus performante que feu ses concurrentes (concurrence réelle ou plus communément appelée « concurrence parfaite ») ?

    2. http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=2540&mode=thread&order=0&thold=0  -

    3. http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/07/24/pagesjaunes-finalement-cedees-kkr  ou http://www.linternaute.com/imprimer/acheter/interview/france_telecom/060330chat.shtml

    4. Selon Michel Datchary, DG du groupe Pages Jaunes « Les Français pensaient qu'ils avaient le 12 gratuitement » Pour C. Tonlorenzi, (Telegate France), ils n'avaient pas conscience « que les renseignements sont payants alors qu'ils avaient longtemps pensé que, faisant partie du service de base, ils étaient gratuits ».

    5. http://www.lefigaro.fr/eco-entreprises/20061030.FIG000000213_renseignementstelephoniques_quatre_se_sont_imposes.html   

    6. http://www.francebourse.com/fiche_news_962.fb

    7. http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/04/02/12disparait-debouchera-foire-dempoigne-118

    8. .http://www.lexpansion.com/NLTech/4466.18.154223.html  ou http://www.allo118.com/2007/02/16/les-discretes-augmentations-de-prix-des-118/ 

    9.   France Télécom encaissera 3,3 milliards d'euros pour sa filiale Pages Jaunes valorisée à 6 milliards d'euros ! http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/07/24/pagesjaunes-finalement-cedees-kkr  -

    10. http://www.francebourse.com/fiche_news_962.fb  

    11. http://www.lexpansion.com/art/134.0.137919.0.html - http://www.allo118.com/2006/05/09/hausse-de-109-de-la-publicite-a-la-television-en-avril/

    12. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Le_Chapelier  

    13. www.challenges.fr/france/chall_310856.html  – www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/04/02/12disparait-debouchera-foire-dempoigne-118  - http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/03/07/france-telecom-obtient-condamnation-118-218  ou http://www.telesatellite.com/infos/idisp.asp?i=2506  -

    14. http://www.allo118.com/2007/02/16/le-118-008-patine-pagesjaunes-reprend-le-118-007-dallo-bottin/  

    15. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/entreprises/20070216.OBS2907/ca_moindre_que_prevu_pour_pagesjaunes.html  -

    16. L'express n°2905, 8 mars 2007, « Télécoms Tchuruk la scoumoune ».

    17. http://www.edf.fr/100002i/Accueil-com/presse/reperes/presentation-du-Groupe.html  

    18. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/decouvrir-france_4177/france-bref_2271/economie_4457.html

     

     


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  • N. Sarkozy a raison d'estimer qu'une campagne est assurément « l'occasion pour chacun de révéler sa vraie nature ». Sans doute N. sarkozy s'évertue constamment à cacher la sienne aux Français, mais il a, néanmoins, prit le risque d'en dévoiler une partie à travers la présentation de son programme économique publié dans le Monde du 22 janvier courant. Tous les matins, après son café, la phrase proverbiale de P. Pétain était « Allons travailler !». N. Sarkozy, lui, préfère narguer les derniers socialistes en invoquant Jaures et Blum, mais il s'égare. Car sa doctrine du travail s'inspire, n'en déplaise à sa distraction, de la grande Charte du Travail, celle qui, en 1941, fonda les bases du renouveau pétainiste; et la « véritable révolution économique » promise par N. Sarkozy dans la sacralisation, la réhabilitation, et la juste récompense de l'effort supplémentaire, ressemble étrangement à la grande «Révolution nationale » chère aux contre-révolutionnaires revanchards de la période collaborationniste. De toute évidence, le ministre-candidat aime le travail. Ce mot apparaît, en effet, quatorze fois dans son entretien et le verbe « travailler » est cité à six reprises. Il est vrai que N. Sarkozy fait du labeur « la priorité des priorités » considérant la « crise morale » que traverse la France comme la conséquence directe d'une «crise du travail».



    1) A ceux qui bossent, N. Sarkozy promet « de gagner plus en travaillant plus ». Quand on pense que depuis près de 10 ans, chaque rapport de l'OCDE souligne la forte productivité française du travail, l'une des meilleure des pays riches, dernièrement établi que le temps consacré par les Français au travail reste dans la moyenne annuelle mondiale(1). Quand on constate que le niveau de formation et de compétence des salariés français est un des meilleurs de la planète(2), que les créateurs sont suffisamment motivés pour porter, encore cette année, le taux de création d'entreprise à des niveaux records (3), faisant de ce pays le 2ème exportateur européen derrière l'Allemagne(4), ou les projets d'investissement extérieurs sont de plus plus nombreux(5), l'un des investisseurs les plus actifs à l'étranger (6). Pays d'assistés à l'économie sclérosée alors que même le Figaro se demande ce qui attire de plus en plus d'entrepreneurs étrangers à s'installer dans l'hexagone.(120.000 cadres, 7.200 chercheurs et 256.000 étudiants étrangers) (7) . Travailler plus pour gagner plus, disais-je, quand la précarité à doublé en 20 ans, et qu'un ménage sur trois vit avec moins de 1800 E par mois. L'on se demande, en quoi le fait de travailler davantage aurait une incidence sur nos salaires, voyant que dans tous les pays où règne le néolibéralisme, l'on assiste à une fracture sociale historique, à une généralisation de la paupérisation, à un endettement des ménages inimaginables y compris chez ceux réputés pour leur courage et leur surcapacité à l'effort.



    Parmi ceux qui bossent, on compte une majorité de bas salaires. Ceux là ne devraient trouver leur salut que dans une « augmentation de la quantité de travail » fournie. Cette stratégie ambitieuse devrait fonctionner jusqu'à hisser le Smic au delà de 1500 euros mensuels. Hier utopie socialiste, aujourd'hui « tout petit effort sur la durée de la législature ». 1500 euros, simplement, si l'on peut dire, grâce à un effort supplémentaire qui permettrait même de faire l'économie d'une réévaluation du Smic. Car le « travail crée le travail ». Travailler pour travailler constitue la promesse majeure de celui qui prétend «mener une campagne positive, et redonner de l'espérance » aux Français !



    Dans la lutte contre le chômage, ou plutôt l'inactivité, il est, aussi demander aux chômeurs de travailler davantage ! Le travail « est créateur d'emploi », il ne se partage pas. Celui qui ne travaille pas ne crée aucune richesse. Il était hier bénéficiaire d'un droit à indemnisation, il est aujourd'hui quémandeur d'aumônes, demain, attendons-nous à ce qu'il soit apte au travail obligatoire. « La récréation est terminée » s'exclamait, en son temps, J.P Raffarin, et N. Sarkozy, à son tour de prévenir : « il ne faut plus de minima sociaux sans contrepartie d'activité. Dans notre société, les devoirs doivent être la contrepartie des droits. » Fort bien ... «Il n'y a pas d'histoire de gauche et d'histoire de droite. Il y a l'histoire de France » comme il y eu celle des Ateliers nationaux de 1848 et celle du STO de 1943 !



    Et comme partout où règne le néolibéralisme, l'on entend vanter les bienfaits de lois qui isolent l'humanité, dépouillent l'individu de ses droits, matent ses revendications, refrènent ses passions et son enthousiasme, surtout, qui opposent les intérêts de chacun en les rendant contradictoires avec ceux des autres dans l'espoir d'un conflit toujours fragilisant. La proposition d'exonérer les heures supplémentaires, par exemple, s'inscrit complètement dans cette stratégie car elle ne manquerait pas, si elle était adoptée, de provoquer des rancoeurs entre ceux qui travaillent plus dans l'espoir légitime d'obtenir davantage, et les laissez pour compte du marché pour qui l'accès à l'emploi serait rendu encore plus difficile qu'il ne l'est déjà.



    Travailler davantage, travailler plus longtemps. Le problème des retraites est, lui aussi, un « problème de travail ». L'on apprend que travailler jusqu'à 70 ans n'est pas un labeur, encore moins une obligation, « quelle drôle d'idée ! » C'est un droit ! Le cap ? La limite ? : « c'est la liberté »! C'est le « libre choix » qui devrait fixer l'age du départ à la retraite tandis qu'en fait de réforme, N. Sarkozy invite les retraités à travailler plus longtemps et, ainsi, « contribuer à résoudre le problème de l'équilibre des retraites »



    Patrons ! Parmi vous beaucoup ont une part de responsabilité dans la lutte des classes, blâmé Pétain, «  « Les gros salaires ne me choquent pas à condition qu'ils soient associés à un vrai risque » et « le prédécesseur de P. Kron ne méritait pas de golden parachute. » reprend N. Sarkozy. Voici le maître-mot, il est tout en harmonie comme si une «nouvelle génération de capitalistes familiaux, qui investissent dans les petites et moyennes entreprises au service de l'emploi » se substituaient tout à coup à la solidarité organique et au paternalisme de la Charte du Travail de Vichy. Que chacun reste a sa place, les gros avec les gros, les petits avec les petits, les misérables avec les misérables. C'est toute la sagesse pétainiste de N. Sarkozy de valoriser les petits patrons quand les marchés financiers et les concentrations économiques régulent l'avenir de toute la planète. Il n'y a pas que les chefs d'entreprise d'ailleurs, qu'il est nécessaire de responsabiliser, il y a aussi les médecins, les patients qui devront mettre la main à la poche. Culpabiliser les uns, responsabiliser les autres, privatiser l'Hôpital public et mettre à sa tête des « patrons » car l'Hôpital public soignant les assistés improductifs et les pauvres consentants est devenu trop coûteux.



    2) Pourquoi devons-nous travailler davantage ? Parce que nous avons besoin de croissance. C'est à cause de la faiblesse de la croissance que les salaires sont si bas. Et « c'est grâce aux réformes que l'on apporte la croissance et les économies budgétaires » En réalité N. Sarkozy confond réformes et promesses. La promesse ambitieuse de gagner plus en travaillant plus, celle de rétrocéder des milliards d'euros aux contribuables en réduisant les dépenses, celle d'exonérer 95 % des Français des droits de succession, d'accorder des moyens supplémentaires aux universités, désormais autonomes, qui se réformeront, où chacun pourra accéder à la propriété grâce à l'exonération des intérêts d'emprunt contracté pour l'acquisition de son logement; celle, enfin, d'établir un service public de caution. Bref,  «Il faut que les Français en aient pour leur argent. », pour cela N. Sarkozy propose « des prestations meilleures en dépensant moins » !



    Les promesses sont nombreuses, les réformes nécessaires à leur application, elles, sont archiconnues. Ce sont celles préconisées depuis des lustres par les instances internationales, celles du consensus de Washington, du pacte de Lisbonne. Il s'agit toujours de la même rengaine : baisse des impôts, libre concurrence, déréglementation etc ... Il s'agit toujours de procéder à des coupes drastiques dans les dépenses de l'Etat providence. «  les charges trop lourdes, la pression fiscale trop élevée ». «  Tout est fait aujourd'hui pour décourager les entreprises ». Faire des économies se résume, ainsi, à s'attaquer aux fonctionnaires, au Service public, sources de déficits. Et comme réforme originale, Superman propose le détricotage du pouvoir de l'Etat à travers une baisse drastique du nombres de fonctionnaires. Soulignons tout de même que la France possède un contingent de fonctionnaires proportionnellement inférieur à celui des USA ! (8). La réforme proposée par N. Sarkozy se résume en une déclaration de guerre à l'encontre de l'Etat et du Service public. Travailler plus et transformer la mission régulatrice de l'Etat en une mission sécuritaire au sein d'une société où règne la dictature du marché. C'est toujours le même schéma au service d'un idéal capitaliste qui vire à l'utopie. L'épouvantail de l'Etat ennemi du Peuple. Et depuis trente ans, des législations qui s'imposent et favorisent son désengagement aux profits d'entités privées cotées sur les marchés financiers, dirigées par une poignée de familles détenant une majorité de contrôle sur des millions d'actionnaires, et qui n'ont, de surcroît, aucune religion, aucun pays, aucune éthique.



    Mais en s'attaquant à l'Etat, N. Sarkozy s'attaque aussi à la démocratie car il vise l'individu à travers la ruine universelle du pouvoir régulateur de la volonté générale. Il n'agit pas seulement sur le statut du salarié, du chômeur, du sans-papier, de la prostituée ou du délinquant, il s'attaque à leurs droits fondamentaux, il ébranle notre universalité en même temps qu'il ébranle l'universalisme des Droits de l'Homme. Qu'on ne s'y trompe pas : C'est la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen qui est ainsi jetée au pilon. Voyez comment se met en place insidieusement au plan économique un libéralisme effréné, et au plan politique l'instauration d'un véritable Etat policier.Voyez comment le néolibéralisme a ruiné l'idéal européen, comment il défraternise les continents partout dans le monde, comment il criminalise la pauvreté et culpabilise le citoyen, comment il fonctionne constamment en désunissant.






    1 http://tf1.lci.fr/infos/economie/0,,3301505,00.html (http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3234,55-759022,0.html) http://www.ac-versailles.fr/PEDAGOGI/SES/vie-ses/Hodebas/productivite-france.htm  (2002)
    2.  http://www.lesechos.fr/info/metiers/4484111.htm
    3.  http://www.lefigaro.fr/eco/20070126.WWW000000617_la_france_na_jamais_creee_autant_dentreprises.html
    4. http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3234,55-759022,0.html 
    5.  http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=945045
    6.  http://www.oecd.org/document/53/0,2340,en_2649_201185_37011957_1_1_1_1,00.html
    7.  http://www.lefigaro.fr/eco/20061028.FIG000000676_pourquoi_les_etrangers_reussissent_en_france.htm
    8. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/label-france_5343/les-numeros-label-france_5570/lf57-investir-france_5763/implanter-france-un-choix-gagnant_5764/travail-les-francais-questions_16645.html


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  • Chers amis, chers électeurs, le montant des investissements directs étrangers (IDE) constitue un indicateur économique particulièrement pertinent (1) s'agissant de mesurer d'une part, l'attractivité économique d'un pays; d'autre part, sa capacité à investir sur les marchés étrangers. En 2005, le niveau mondial des IDE a progressé à un rythme record pour la seconde année consécutive (+56% en 2 ans) atteignant 916 Mdd d'investissement entrants qui ont participé, du moins l'espérons-nous, à 779 Mdd d'investissement sortants (2).


    Bénéficiaire de 40 à 64 Mdd d'investissements directs étrangers selon les sources (3), la France gagne trois places en un an au palmarès des pays économiquement les plus attractifs en se hissant à la 4ème position derrière la Chine (72,4 Mdd), les USA (99,4 (Mdd) et la Grande Bretagne qui engrange, à elle seule, 165 Mdd (4). En France, le montant des IDE a doublé dans l'année, et depuis 2002, notre économie se situe en moyenne au 3ème rang mondial des économies les plus attractives derrière les États-Unis et la Chine (3). Ces résultats confirment la justesse du rapport établi, il y a quelques mois, par le cabinet d'audit KPMG (5) lorsqu'il concluait que « la France offrait globalement des coûts d'implantation plus faibles que ses grands voisins européens, non seulement sur l'énergie, les transports et l'immobilier, mais aussi sur la main d'oeuvre. » (6). Rappelons que ce rapport classe la France au second rang des pays le plus attractifs en terme de rentabilité derrière Singapour sans jamais dissuader les plus pessimistes de saper l'oeuvre égocentrique de nos géants économiques (7). Les 461 entreprises acquises par des sociétés étrangères en 2005 (pour un montant de 37 milliards d'euros) semblent attester du potentiel attractif de l'économie française, d'autant que sur cinq ans, ces rachats ont concerné près de 1900 entreprises ayant leur siège social sur le territoire national (3). On se demande comment il se trouve encore autant d'imbéciles dans le monde pour investir leur argent chez nous, y récolter des profits aussi considérables (8) , choisissant d'y vivre toute l'année malgré un taux d'imposition élevé (9) alors que la productivité française est une des meilleures au monde (10) générant des profits records (11) et un bilan imparfait, certes, mais très honorable (12). D'autres, pendant ce temps, probablement plus malins, investissent sur le marché chinois pour y perdre de l'argent depuis 25 ans ! (13).


    La mondialisation néolibérale pète dans la soie et l'argent coule à flot, au point que l'AFII pronostiquent pour 2006 « une année record par rapport aux dernières années, 2004 et 2005, sans doute la meilleure année de ce siècle" Et son président, Philippe Favre, d'expliquer « les secteurs qui attirent les investisseurs étrangers en France sont ceux de la pharmacie, de l'innovation, de la création, la logistique. La France a aussi un avantage en termes de technologies de pointe. Nous sommes reconnus à l'étranger, que ce soit dans le nucléaire, dans les télécoms, par une recherche et un développement tout à fait extraordinaires » (14). Tout semble aller comme sur des roulettes alors que près de 1 million d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté dans notre pays et que la pauvreté touche 1000 personnes de plus par jour ! (15) Cette manne financière n'est, bien évidemment, pas perdue pour tout le monde puisqu'en 2005, la France s'est hissée à la 2ème place des pays investisseurs dans le monde en allongeant sur les tapis de la finance internationale 116 Mdd d'investissements sortants derrière les Pays-Bas (119 Mdd) et distinguée dans le rapport établi en 2005 par l'OCDE - pourtant peu enclin à épargner le modèle français- – comme l'investisseur le plus actif à l'étranger (16). Tel est le constat ...



     


    1. Les Investissements directs étrangers mesurent l'ensemble des flux financiers internationaux. Ces flux financiers regroupent les opérations visant à acquérir, accroître ou liquider un intérêt, en principe durablement dans une entreprise. Notons que la notion d'investissement est plus large que celle de contrôle, puisqu'elle est établie dès lors que l'investisseur détient 10 % des droits de vote aux assemblées générales de l'entreprise. Depuis 1996, sont inclus les flux à court terme entre sociétés affiliées. Les IDE en France comprennent donc, entre autres, les créations de filiales en France, les fusionsacquisitions réalisées avec des entreprises françaises, mais aussi par exemple les avances de trésorerie d'une filiale étrangère à sa maison-mère.
    2.
    Statistiques publiées par la Conférence sur le commerce et le développement des Nations Unies (Cnuced). En 2000, les IDE se sont élévés à 14.000 Mdd battant un record historique (Investir n°1711)
    3. Le site officiel du gouvernement semble s'en tenir aux chiffres de la Banque de France (
    http://minilien.com/?xPgmWRpebz) plutôt qu'à ceux de la Cnuced (http://www.veilleinfotourisme.fr/1161085169257/0/fiche___article/) ou de l'OCDE (http://www.oecd.org/dataoecd/54/58/37010986.pdf)
    4. Le score des entrées d'IDE en Grande-Bretagne s'explique en partie par la restructuration d'entreprises multinationales comme Royal Dutch Shell, mais aussi par plusieurs grandes opérations transnationales de fusions ou acquisitions, comme le rachat de Peninsular & Oriental Steam Navigation Company par Dubai Ports World des Émirats arabes unis, pour un montant de 8.2 milliards USD (http://www.oecd.org/document/53/0,2340,en_2649_201185_37011957_1_1_1_1,00.html)
    5. http://www.kpmg.fr/fr/about/
    6. http://www.lexpansion.com/art/15.0.143162.0.html - lire aussi (http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-09-10-billet-432024.html) ou (http://www.20minutes.fr/articles/2006/05/17/actualite_economique_La_France_une_bonne_destination_business.php
    7.http://www.lefigaro.fr/eco/20060508.FIG000000201_les_francais_ne_travailleront_que_jours_en_mai.html 8.http://www.lefigaro.fr/eco/20061028.FIG000000676_pourquoi_les_etrangers_reussissent_en_france.html
    9.
    http://www.explorimmo.com/edito/les-anglais-achetent-touj77.shtml
     
    10.
    http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-27-billet-299583.html
    11.http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-07-billet-288023.html
    12.http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-09-10-billet-432024.html
    13.
    http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-03-08-billet-304684.html

    14. Philippe Favre à la tête de l'AFII, organisme chargé de promouvoir les investissements étrangers en France http://www.lesechos.fr/info/france/300109174.htm
    15. http://www.lesechos.fr/regions/atlas/atlas_04_02_2004.htm et http://www.jacques-brunhes.org/content/view/86/48/
    16. http://www.oecd.org/document/53/0,2340,en_2649_201185_37011957_1_1_1_1,00.html


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  • Chers amis, chers électeurs, il y a 20 ans, le montant quotidien des transactions boursières était égal au capital d'une grande banque américaine, aujourd'hui, il est de l'ordre du capital cumulé de leur 100 premières banques ! Aujourd'hui, les "Hedge funds" ou ce que nous appelons pudiquement les "fonds d'investissement spéculatifs à hauts risques", dominent de plus en plus les marchés financiers. Ils ont leur siège social pratiquement tous dans des paradis fiscaux, et 400 d'entre eux, réalisent, à eux seuls, 80% des transactions financières mondiales. Leur chiffre d'affaires quotidien, tenez-vous bien, approche les 6000 milliards de dollars ! c'est à dire environ la moitié du PIB des USA.(1) Les Hedge Funds gèrent en « actifs » 847 milliards d'euros dans le monde dont 285 Mds en Europe (40 Mds en France) avec un ticket d'entrée rarement inférieur à 1 million d'euros (2).

    C
    es fonds d'investissement spéculent sur les PDC, « produits dérivés de crédit ».(3) Selon G. Tett, journaliste financier au Financial Times, « l'opacité de ce marché est telle que personne ne sait ce que sont exactement les PDC ». En 2004, le marché des PDC représentait 5000 milliards de dollars, (4) il atteignait fin juin 2006, la somme gigantesque de 26.000 milliard de dollars (5) dans l'anarchie totale, sans surveillance réelle des organismes officiels du marché.(6)

    C
    ette année, l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA) a révélée que 20% des transaction concernant des dérivés de crédit comportées des erreurs majeures, et qu'aux USA, plus de 90% des contrats conclus sur ces produits étaient consignés sur des bouts de papier, au point qu'en 2004, le président de la Réserve fédérale s'est dit « franchement choqué » par cette situation. Selon un article paru dans le Financial Times daté du 17/07/2006, « les dérivés de crédit n'existent que dans le cybermonde et sont seulement des moyens permettant aux riches d'échapper au fisc » Pour le célèbre investisseur Warren Buffet les dérivés de crédit sont « des armes financières de destruction massive » Même le FMI, pourtant grand défenseur du libéralisme et du consensus de Washington (7) paraît très préoccupé par cette gestion d'apprentis sorciers. La Banque des règlement internationaux (BRI), dans son rapport annuel publié fin juin 2006, évoque « le triomphe des comportements économiques prédateurs et ces orientations auxquelles il est difficile de trouver une explication logique », estimant « qu'il est prudent de s'attendre au meilleurs, tout en se préparant au pire »

    L
    es Hedge Funds et leurs méthodes spéculatives auraient été imaginé il y a une dizaine d'années par les dirigeants de la banque Morgan and Boca Raton entre deux cocktails.(8) Ces banquiers de l'extrême sont réputés pour leurs pratiques de pillards, leur gestion scandaleuse, les manipulations boursières diverses qu'ils orchestrent, et le mépris avec lequel ils traitent les entreprises dont ils prennent le contrôle. Ces nouvelles racailles sans foi ni loi du capitalisme mondialisé blanchissent des milliards de dollars de la maffia (9) Ils sont, par ailleurs, grevés d'un ratio d'endettement criminel (de 6% à 8%) qui démultiplie artificiellement leur capacité d'autofinancement en faisant peser les risques de leurs stratégie au jour le jour sur le dos de la société toute entière.(10)
    Récemment ces fonds ont été accusé de faire chuter l'action EDF et, par le passé, d'avoir déstabilisé le cours de Bourse d'entreprise comme Alcatel ou encore France Télécom sans parler des scandales WordlCom, Tyco, Xeros. En septembre dernier, Amaranth Advisors a ainsi perdu 5 milliards de dollars en une semaine entraînant la ruine de leur clientèle et l'intervention de la BCE (11)

    Chers amis, chers électeurs, les formes de capitalisme pratiquées il y a 40 ans pouvaient comporter des préoccupations sociales ou éthiques qui apparaissent complètement désuètes aujourd'hui.Depuis les visées des grandes entreprises se sont enfoncées dans un entonnoir au bout duquel il n'y a plus que les intérêts des dirigeants et des actionnaires au nom d'une liberté bafouée. Et l'appétit vient en mangeant : à force de viser des objectifs de rentabilité de plus en plus élevés (+20% quelquefois sur capital d'investissement et +40% pour les "Hedge Funds"), les dirigeants d'entreprise et d'institutions financières en viennent à travailler sur les apparences en spéculant sur le virtuel, en misant sur une économie de façade, en fabricant un monde artificiel cauchemardesque pour une moitié de la planète et misérabiliste pour l'autre en invoquant, sans la moindre pudeur, le réalisme et la fatalité comme seule justification. J'aime à penser que nous serons capables de réitérer notre refus d'un capitalisme de catastrophe comme nous l'avons fait courageusement et lucidement à l'occasion du traité constitutionnel, en nous opposant une seconde fois en 2007 à cette régression humaine dans laquelle la liberté, la dignité et le respect des individus sont rabaissés au fond du caniveau...





    1.Le monde diplomatique octobre 2006 « Une économie d'apprentis sorciers »
    2.

    Ces chiffres sont extraits d'une étude sur le développement des fonds spéculatifs en    France publiée,  jeudi 24 novembre, par Asterias, une société de conseil britannique
    3.
    Il s'agit de parier sur un risque prévisible en misant sur une créance plus ou moins douteuse.
    4.
    http://www.pwc.fr/fr/pwc_pdf/pwc_g648578.pdf
    5.Le monde diplomatique octobre 2006 « Une économie d'apprentis sorciers »
    6.
    Gillian !tett, « The Dream machine » Lire aussi http://www.agefi.com/Quotidien_en_ligne/Investir/articleDetail.php?articleID=278333
    7.
    Il s'agit des recommandations néolibérales à la sauce étasunienne : baisse des impôts, libre concurrence, déréglementation etc ... Le FMI conditionne ses prêts au respect de ces recommandations participant ainsi à la ruine des pays pauvres forcément très endettés.
    8.
    Gillian  Tett, « The Dream machine »
    9.
    http://www.monde-diplomatique.fr/2000/04/DE_BRIE/13634
    10.
    http://www.lesaffaires.com/fr/Aujourdhui/detail.asp?id=241481&id_section=808,809,810,82 Lire aussi cet excellent exposé au Parlement italien en Français http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=1684
    11.
    http://www.lexpansion.com/art/15.0.147697.0.html

    2 commentaires
  • Chers amis, chers électeurs, les néolibéraux s'évertuent à considérer l'état providence comme le pire des modèle économiques, alors que beaucoup d'Européens, en particulier en France, pensent différemment. Le lutin contestataire Demos en est fort désolé pour la réalité économique que les néolibéraux nous fourguent sous le prétexte misérablement fataliste du réalisme économique. Les Étasuniens, emblématique ramassis d'égoïstes glucosés et irresponsables, n'ont pas toujours fait du capitalisme sauvage. Ils ont fait du keynésianisme pendant plus de 50 ans. C'est à dire de 1929 à l'arrivée de Reagan, et ils s'en sont mis plein les poches ! Cette Amérique là, pouvait prétendre au rêve américain car à l'époque la productivité profitait à tous.

    Sur les 200 ans d'existence des USA, les décideurs étasuniens ont fait du libéralisme quand l'Europe faisait du libéralisme et du keynésianisme quand l'Europe faisait du keynésianisme  (peut importe qui l'imposait à l'autre) Il n'y a que depuis les années 80 que les étasuniens ont entraîné le monde dans le capitalisme radical. Trente années de libéralisation de l'économie crescendo pour aboutir à un désastre hilarant s'il n'entraînait derrière lui son cortège d'injustices et de victimes innocentes. En Europe, la belle idée européenne sur laquelle notre pays a constamment fondé ses espoirs, cette idée d'une Europe des Peuples put le fric. L'Afrique crève de faim. L'apocalypse règne au Moyen-Orient, la société étasunienne est en pleine décadence ... Comment espère t-elle atténuer les contradictions qui l'affaiblissent creusant un abîme en son sein à l'image de nos civilisations occidentales ..? Que les néolibéraux cessent de nous racontez leur balivernes. Tout le monde connaît, à présent, les raisons qui ont décidé l'administration Bush d'envahir l'Irak, Tout le monde a compris qu'on torture au nom de la liberté. Tout le monde a vu le traitement infligé aux pauvres de Louisiane; la violence et l'insécurité inouïe dans laquelle l'individualisme, l'égoïsme et la révolte des exclus ont entraîné cette société débile. Tout le monde s'est aperçu que les étasuniens font cavaliers seuls, et qu'ils n'offrent aucune autre alternative aux Etats indépendants que d'être leur vassaux ou leur ennemi.


    Pourquoi cet acharnement ? Comment un individu tel que Bush a t-il pu parvenir à la tête de la plus grande de démocratie au monde ? Pourquoi cette montée du radicalisme religieux tant chez le musulman que le chrétien américain ? N'y a t-il pas là le signe d'une détresse tant chez l'Arabe humilié que chez le noir africain affamé ou l'étasunien isolé dans un modèle matérialiste qui ne défend plus d'autre valeur que la réussite sociale et l'argent ? Les hommes n'ont-ils pas comme point commun la nécessité de croire en quelque chose, quelque chose d'autre, quelque chose qui pourrait être différent..? Ce besoin vital échappe manifestement aux néolibéraux et nous sépare car il y a là des questions fondamentales qui transcendent de loin leur bilan de comptable poussiéreux, et sur  lesquelles nous devons débattre dans l'intérêt de la pérennité de nos civilisations communes.La réalité que j'évoque est emblématique du reproche que font les néolibéraux du monde entier aux Français de trop "réfléchir" Comme si l'on pouvait impunément reprocher aux gens de trop penser !A ce sujet le lutin contestataire Demos invite ceux qui en ont encore envie à méditer sur une pensée de Shakespeare : «La réalité est faite de l'étoffe de nos songes»Toute la philosophie n'est qu'une méditation de Shakespeare a dit aussi Emmanuel Levinas avec, j'en suis profondément convaincu, beaucoup de raisonnement et de justesse....


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