• Chers amis, chers électeurs, le montant des investissements directs étrangers (IDE) constitue un indicateur économique particulièrement pertinent (1) s'agissant de mesurer d'une part, l'attractivité économique d'un pays; d'autre part, sa capacité à investir sur les marchés étrangers. En 2005, le niveau mondial des IDE a progressé à un rythme record pour la seconde année consécutive (+56% en 2 ans) atteignant 916 Mdd d'investissement entrants qui ont participé, du moins l'espérons-nous, à 779 Mdd d'investissement sortants (2).


    Bénéficiaire de 40 à 64 Mdd d'investissements directs étrangers selon les sources (3), la France gagne trois places en un an au palmarès des pays économiquement les plus attractifs en se hissant à la 4ème position derrière la Chine (72,4 Mdd), les USA (99,4 (Mdd) et la Grande Bretagne qui engrange, à elle seule, 165 Mdd (4). En France, le montant des IDE a doublé dans l'année, et depuis 2002, notre économie se situe en moyenne au 3ème rang mondial des économies les plus attractives derrière les États-Unis et la Chine (3). Ces résultats confirment la justesse du rapport établi, il y a quelques mois, par le cabinet d'audit KPMG (5) lorsqu'il concluait que « la France offrait globalement des coûts d'implantation plus faibles que ses grands voisins européens, non seulement sur l'énergie, les transports et l'immobilier, mais aussi sur la main d'oeuvre. » (6). Rappelons que ce rapport classe la France au second rang des pays le plus attractifs en terme de rentabilité derrière Singapour sans jamais dissuader les plus pessimistes de saper l'oeuvre égocentrique de nos géants économiques (7). Les 461 entreprises acquises par des sociétés étrangères en 2005 (pour un montant de 37 milliards d'euros) semblent attester du potentiel attractif de l'économie française, d'autant que sur cinq ans, ces rachats ont concerné près de 1900 entreprises ayant leur siège social sur le territoire national (3). On se demande comment il se trouve encore autant d'imbéciles dans le monde pour investir leur argent chez nous, y récolter des profits aussi considérables (8) , choisissant d'y vivre toute l'année malgré un taux d'imposition élevé (9) alors que la productivité française est une des meilleures au monde (10) générant des profits records (11) et un bilan imparfait, certes, mais très honorable (12). D'autres, pendant ce temps, probablement plus malins, investissent sur le marché chinois pour y perdre de l'argent depuis 25 ans ! (13).


    La mondialisation néolibérale pète dans la soie et l'argent coule à flot, au point que l'AFII pronostiquent pour 2006 « une année record par rapport aux dernières années, 2004 et 2005, sans doute la meilleure année de ce siècle" Et son président, Philippe Favre, d'expliquer « les secteurs qui attirent les investisseurs étrangers en France sont ceux de la pharmacie, de l'innovation, de la création, la logistique. La France a aussi un avantage en termes de technologies de pointe. Nous sommes reconnus à l'étranger, que ce soit dans le nucléaire, dans les télécoms, par une recherche et un développement tout à fait extraordinaires » (14). Tout semble aller comme sur des roulettes alors que près de 1 million d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté dans notre pays et que la pauvreté touche 1000 personnes de plus par jour ! (15) Cette manne financière n'est, bien évidemment, pas perdue pour tout le monde puisqu'en 2005, la France s'est hissée à la 2ème place des pays investisseurs dans le monde en allongeant sur les tapis de la finance internationale 116 Mdd d'investissements sortants derrière les Pays-Bas (119 Mdd) et distinguée dans le rapport établi en 2005 par l'OCDE - pourtant peu enclin à épargner le modèle français- – comme l'investisseur le plus actif à l'étranger (16). Tel est le constat ...



     


    1. Les Investissements directs étrangers mesurent l'ensemble des flux financiers internationaux. Ces flux financiers regroupent les opérations visant à acquérir, accroître ou liquider un intérêt, en principe durablement dans une entreprise. Notons que la notion d'investissement est plus large que celle de contrôle, puisqu'elle est établie dès lors que l'investisseur détient 10 % des droits de vote aux assemblées générales de l'entreprise. Depuis 1996, sont inclus les flux à court terme entre sociétés affiliées. Les IDE en France comprennent donc, entre autres, les créations de filiales en France, les fusionsacquisitions réalisées avec des entreprises françaises, mais aussi par exemple les avances de trésorerie d'une filiale étrangère à sa maison-mère.
    2.
    Statistiques publiées par la Conférence sur le commerce et le développement des Nations Unies (Cnuced). En 2000, les IDE se sont élévés à 14.000 Mdd battant un record historique (Investir n°1711)
    3. Le site officiel du gouvernement semble s'en tenir aux chiffres de la Banque de France (
    http://minilien.com/?xPgmWRpebz) plutôt qu'à ceux de la Cnuced (http://www.veilleinfotourisme.fr/1161085169257/0/fiche___article/) ou de l'OCDE (http://www.oecd.org/dataoecd/54/58/37010986.pdf)
    4. Le score des entrées d'IDE en Grande-Bretagne s'explique en partie par la restructuration d'entreprises multinationales comme Royal Dutch Shell, mais aussi par plusieurs grandes opérations transnationales de fusions ou acquisitions, comme le rachat de Peninsular & Oriental Steam Navigation Company par Dubai Ports World des Émirats arabes unis, pour un montant de 8.2 milliards USD (http://www.oecd.org/document/53/0,2340,en_2649_201185_37011957_1_1_1_1,00.html)
    5. http://www.kpmg.fr/fr/about/
    6. http://www.lexpansion.com/art/15.0.143162.0.html - lire aussi (http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-09-10-billet-432024.html) ou (http://www.20minutes.fr/articles/2006/05/17/actualite_economique_La_France_une_bonne_destination_business.php
    7.http://www.lefigaro.fr/eco/20060508.FIG000000201_les_francais_ne_travailleront_que_jours_en_mai.html 8.http://www.lefigaro.fr/eco/20061028.FIG000000676_pourquoi_les_etrangers_reussissent_en_france.html
    9.
    http://www.explorimmo.com/edito/les-anglais-achetent-touj77.shtml
     
    10.
    http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-27-billet-299583.html
    11.http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-07-billet-288023.html
    12.http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-09-10-billet-432024.html
    13.
    http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-03-08-billet-304684.html

    14. Philippe Favre à la tête de l'AFII, organisme chargé de promouvoir les investissements étrangers en France http://www.lesechos.fr/info/france/300109174.htm
    15. http://www.lesechos.fr/regions/atlas/atlas_04_02_2004.htm et http://www.jacques-brunhes.org/content/view/86/48/
    16. http://www.oecd.org/document/53/0,2340,en_2649_201185_37011957_1_1_1_1,00.html


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  • Chers amis, cher électeurs, les USA enregistrent entre 34.000 et 50.000 tués par balles selon les
    sources. C'est le pays du phénomène "Mass-murdering" (1) ou carnages souvent perpétrés par des mineurs dans leur école ou dans les lieux publics. On évalue à 250 millions (65 à 70 millions d'armes de poing) le nombre d'armes détenues par les particuliers dont 90% d'entres elles sont vendues
    sans mécanisme de sécurité et il y a sur le territoire étasunien dix fois plus d'armuriers que de Mac Do !
    Les blancs qui détiennent 80% de ces armes vivent pour la plupart dans des quartiers paisibles où le taux de délinquance est très faible. Statistiquement, la forte délinquance que l'on attribue à la société
    étasunienne résulte de scènes conjugales, de conflits de voisinage et surtout d'homicides involontaires. On s'étripe entre mari et femme, entres parents, entres copains, entres collègues de travail, entre commerçant et client, entres voisins et les fusillades sont la première cause d'accidents mortels du travail!


    On peut acquérir une arme aux USA comme une baguette en France, notamment les enfants qui profitent d'une législation laxiste, en se débrouillant de les acheter ou les faire acheter par de jeunes adultes (phénomène du school-shooting) avec les conséquences que l'on connaît : environ 5000 jeunes de moins de 20 ans tués chaque année. La loi permet aux 18-20 ans d'acheter des armes de poing dans les foires et salons. Chez les moins de 15 ans, le taux de meurtres, de suicides et de décès accidentels par armes à feu est le plus élevé des pays industrialisés; elle est la première cause de mortalité chez les 15/24 ans. Tous les lobbies favorables à un durcissement de la législation n'ont de cesse de publier étude sur étude afin de faire réagir l'opinion publique et mécaniquement le législateur lui-même. En effet, la possession d'armes à son domicile multiplie par 3 les homicides au domicile, par 5 le risque de
    suicide, par 43 le risque de tuer un proche plutôt qu'un agresseur, et par 12 l'homicide en cas de querelle conjugale. En 1996 les armes à feu ont tué un enfant toutes les 92 minutes.

    « N'oublions pas que 13 de nos enfants sont tués chaque jour. Et que nous y
    sommes presque insensibles. [.] Je ne crois pas que nous réalisions que les
    Etats-Unis sont tout simplement plus violents que les autres pays
    . »
    Bill Clinton

    En réponse à cette destruction massive Bush a indiqué au cours d'une réunion de la NRA "Notre expérience prouve de manière éclatante qu'il n'en est rien; toutes les études prétendant le contraire ne reposent sur aucune base scientifique."
    Compte tenu de cette banalisation, il n'existe pas de dialogue parental sur le sujet des armes car les gens sont inconscients des dangers pour eux même  et pour leur famille de posséder une arme à domicile tandis que les accidents ne cessent de croître.
    Face au phénomène du school-shooting, les associations et les démocrates doivent faire face à une culture de la peur (1), au 2ème amendement et surtout, à l'industrie des armes (1er fabricant au monde) soutenue fanatiquement par sa branche politique, la puissante NRA (National Rifle Association) crée en 1871 quelques mois après que le Ku Klux Klan fut déclaré illégal.
    Jusqu'en 1950, la NRA a prôné l'interdiction de la détention d'armes en faveur des noirs.

    Le deuxième amendement

    Le 2ème amendement a constitutionalisé les polices privées et le droit de porter une arme.En effet, contrairement à la croyance de beaucoup d'européens, la Constitution étasunienne ne se contente pas d'ériger le port d'arme même cachée en droit inaliénable, elle constitutionnalise aussi les
    milices ou polices privées.
    « Une milice bien ordonnée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre,
    le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas
    enfreint.
    » (2ème amendement) Toutefois, ce texte ne devrait pas empêcher un durcissement de la législation. D'une part, Dans la décision United States v. Mille, la plus haute cour des
    États-Unis est venue affirmer, dans une décision unanime, « que le Deuxième Amendement ne sert qu'à protéger le droit qu'a un état de gérer sa propre milice et qui n'accorde aucune garantie à un individu au droit de posséder une arme. »
    Paradoxalement, cette décision n'a eu aucune portée. Elle fut même contredite par les tribunaux inférieurs avant que la Cour Suprême revienne sur sa propre jurisprudence.


    La puissante NRA

    La NRA (4 millions de membres !) possède des antennes dans le monde entier y compris en France. Il s'agit par ailleurs d'une ONG (organisation non gouvernementale) reconnue et accréditée à l'ONU, consultée lors de toutes les conférences sur l'armement. Ce fut le cas lors de la conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères tenue à New York en juillet 2001 au cours de laquelle les USA se sont opposés aux décisions les plus efficaces quoiqu'il ne s'agissait que d'une conférence portant sur les moyens de limiter le marché noir des armes. Au cours d'un gala bienfaisance organisé par la National Rifle Association en mai 2001, Bush n'a pas hésité à s'engager contre l'Europe en faveur des intérêts de l'industrie de l'armement et de sa branche politique.
    "Il est inacceptable que l'ensemble des consommateurs européens soient privés d'une liberté aussi essentielle que celle de pouvoir se défendre contre les agresseurs. Les Européens doivent parvenir à combler leur retard sur notre Nation, aussi bien en matière d'Internet que de la capacité à
    défendre leurs biens et la vie de leurs proches
    ".
    (A l'occasion de ce gala Charlton Heston, le président de la NRA à l'époque,
    distribua 5000 Beretta à des familles de quartiers pauvres)

    Inutile de préciser que la NRA a soutenu Bush en 2000 et 2004.(3)  Il faut dire qu'élu en 1995, gouverneur du Texas, George W. Bush avait immédiatement élargi le port d'arme privé en l'autorisant même dissimulé et en 1997 il l'a autorisé « dans les lieux de culte, les hôpitaux  et les parcs de loisir » La NRA dispose de moyens colossaux pour agir contre ou en faveur d'un candidat. Elle possède son propre service d'information, "NRA News", dotée d'un budget d'un million de dollars et animé par un présentateur célèbre, Cam Edwards, un conservateur notoire.Jeb Bush, gouverneur de Floride et frère du président, ayant admis que "sans l'implication massive de la NRA dans la campagne, on peut dire sans crainte que mon frère n'aurait pas été élu président".Charlton Heston, anciennement président de la NRA, alcoolique invétéré et connu dans tous les USA pour son crétinisme abyssal , a reçu par Bush la médaille de la liberté. Non pour le soutien qu'il a apporté à Luther mais en signe de remerciement pour l'aide apportée par la NRA dans l'accession au
    pouvoir de l'extrême droite dans son pays (sinon on n'aurait pas attendu 40 ans pour la lui décerner)

    Bill Clinton a toujours était favorable à une révision de la législation.A l'époque, Clinton ne proposait rien de bien révolutionnaire au regard des législations européenne : l'élévation de l'âge légal du port d'arme à 21 ans et l'obligation du cran de sûreté à la fabrication. Cette loi n'a jamais abouti alors que 75% des étasuniens se prononcent en faveur de mesures de contrôle des armements. Fustigeant sa proposition, la NRA a accusé le Président des USA d'avoir affirmé à tort que le lobby du fusil bloquait la législation sur le contrôle des armes à feu au Congrès et l'accusant d'être un dictateur.
    "Monsieur Clinton, le premier acte des dictateurs consiste toujours à désarmer le peuple. L'Amérique n'a pas eu confiance en vous et votre soi-disant système de santé. L'Amérique ne vous pas cru non plus lorsque vous avez défendu la cause des homosexuels dans les corps d'armée.L'Amérique ne vous croira pas plus lorsqu'il s'agira de ses filles de 21 ans et nous qui sommes armés, nous ne vous croirons jamais !" Charlton Heston.

    La NRA n'hésite pas à employer les moyens les plus abjects dans son fanatisme à maintenir la pression sur les politiques.Il faut savoir q'aux USA, la dénonciation et la diabolisation de ses
    adversaires politiques est un procédé parfaitement admis par le citoyen qui en est même très fier. On pratique la chasse aux sorcières sans scrupule dans l'espoir que la mayonnaise prenne avec l'opinion publique (Cf. les pratiques des fascistes européens de l'entre-deux guerre). C'est ainsi que la technique des listes noires est très courante. Les noms des personnes que l'on cherche à discréditer sont publiés et jeter en pâture à l'opinion publique. Ce procédé de lapidation, légalisé sous prétexte de liberté d'expression, existe dans tous les domaines de la vie politique.Ainsi sur le site de la NRA, on peut lire les noms des personnes qui sont en faveur d'une loi plus restrictive à l'égard des armes à feu. (Madonna, George Clooney, Oprah Winfrey, Julia Roberts, Drew Barrymore, Mike Myers et Paul Newman, anonymes etc.) Ces personnes favorables à un durcissement de la législation sont
    considérées par la NRA comme des traîtres ennemis de l'Amérique.

    En conclusion, tout espoir de voir ce fléau jugulé aux USA passe par le bon vouloir de l'industrie de l'armement et de sa branche politique, la NRA.C'est bien la NRA qui est responsable de ce carnage, non parce qu'elle défend les droits qui sont les siens mais parce qu'elle impose, par sa puissance et ses méthodes contraires à la démocratie une législation critiquée par 75% du peuple étasunien.



     1. http://www.apem-wspa.org/tiki-read_article.php?articleId=117
     2. http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-10-02-billet-446410.html
     3. http://ecolesdifferentes.free.fr/cowboys.html


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  • Chers amis, chers électeurs, il y a 20 ans, le montant quotidien des transactions boursières était égal au capital d'une grande banque américaine, aujourd'hui, il est de l'ordre du capital cumulé de leur 100 premières banques ! Aujourd'hui, les "Hedge funds" ou ce que nous appelons pudiquement les "fonds d'investissement spéculatifs à hauts risques", dominent de plus en plus les marchés financiers. Ils ont leur siège social pratiquement tous dans des paradis fiscaux, et 400 d'entre eux, réalisent, à eux seuls, 80% des transactions financières mondiales. Leur chiffre d'affaires quotidien, tenez-vous bien, approche les 6000 milliards de dollars ! c'est à dire environ la moitié du PIB des USA.(1) Les Hedge Funds gèrent en « actifs » 847 milliards d'euros dans le monde dont 285 Mds en Europe (40 Mds en France) avec un ticket d'entrée rarement inférieur à 1 million d'euros (2).

    C
    es fonds d'investissement spéculent sur les PDC, « produits dérivés de crédit ».(3) Selon G. Tett, journaliste financier au Financial Times, « l'opacité de ce marché est telle que personne ne sait ce que sont exactement les PDC ». En 2004, le marché des PDC représentait 5000 milliards de dollars, (4) il atteignait fin juin 2006, la somme gigantesque de 26.000 milliard de dollars (5) dans l'anarchie totale, sans surveillance réelle des organismes officiels du marché.(6)

    C
    ette année, l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA) a révélée que 20% des transaction concernant des dérivés de crédit comportées des erreurs majeures, et qu'aux USA, plus de 90% des contrats conclus sur ces produits étaient consignés sur des bouts de papier, au point qu'en 2004, le président de la Réserve fédérale s'est dit « franchement choqué » par cette situation. Selon un article paru dans le Financial Times daté du 17/07/2006, « les dérivés de crédit n'existent que dans le cybermonde et sont seulement des moyens permettant aux riches d'échapper au fisc » Pour le célèbre investisseur Warren Buffet les dérivés de crédit sont « des armes financières de destruction massive » Même le FMI, pourtant grand défenseur du libéralisme et du consensus de Washington (7) paraît très préoccupé par cette gestion d'apprentis sorciers. La Banque des règlement internationaux (BRI), dans son rapport annuel publié fin juin 2006, évoque « le triomphe des comportements économiques prédateurs et ces orientations auxquelles il est difficile de trouver une explication logique », estimant « qu'il est prudent de s'attendre au meilleurs, tout en se préparant au pire »

    L
    es Hedge Funds et leurs méthodes spéculatives auraient été imaginé il y a une dizaine d'années par les dirigeants de la banque Morgan and Boca Raton entre deux cocktails.(8) Ces banquiers de l'extrême sont réputés pour leurs pratiques de pillards, leur gestion scandaleuse, les manipulations boursières diverses qu'ils orchestrent, et le mépris avec lequel ils traitent les entreprises dont ils prennent le contrôle. Ces nouvelles racailles sans foi ni loi du capitalisme mondialisé blanchissent des milliards de dollars de la maffia (9) Ils sont, par ailleurs, grevés d'un ratio d'endettement criminel (de 6% à 8%) qui démultiplie artificiellement leur capacité d'autofinancement en faisant peser les risques de leurs stratégie au jour le jour sur le dos de la société toute entière.(10)
    Récemment ces fonds ont été accusé de faire chuter l'action EDF et, par le passé, d'avoir déstabilisé le cours de Bourse d'entreprise comme Alcatel ou encore France Télécom sans parler des scandales WordlCom, Tyco, Xeros. En septembre dernier, Amaranth Advisors a ainsi perdu 5 milliards de dollars en une semaine entraînant la ruine de leur clientèle et l'intervention de la BCE (11)

    Chers amis, chers électeurs, les formes de capitalisme pratiquées il y a 40 ans pouvaient comporter des préoccupations sociales ou éthiques qui apparaissent complètement désuètes aujourd'hui.Depuis les visées des grandes entreprises se sont enfoncées dans un entonnoir au bout duquel il n'y a plus que les intérêts des dirigeants et des actionnaires au nom d'une liberté bafouée. Et l'appétit vient en mangeant : à force de viser des objectifs de rentabilité de plus en plus élevés (+20% quelquefois sur capital d'investissement et +40% pour les "Hedge Funds"), les dirigeants d'entreprise et d'institutions financières en viennent à travailler sur les apparences en spéculant sur le virtuel, en misant sur une économie de façade, en fabricant un monde artificiel cauchemardesque pour une moitié de la planète et misérabiliste pour l'autre en invoquant, sans la moindre pudeur, le réalisme et la fatalité comme seule justification. J'aime à penser que nous serons capables de réitérer notre refus d'un capitalisme de catastrophe comme nous l'avons fait courageusement et lucidement à l'occasion du traité constitutionnel, en nous opposant une seconde fois en 2007 à cette régression humaine dans laquelle la liberté, la dignité et le respect des individus sont rabaissés au fond du caniveau...





    1.Le monde diplomatique octobre 2006 « Une économie d'apprentis sorciers »
    2.

    Ces chiffres sont extraits d'une étude sur le développement des fonds spéculatifs en    France publiée,  jeudi 24 novembre, par Asterias, une société de conseil britannique
    3.
    Il s'agit de parier sur un risque prévisible en misant sur une créance plus ou moins douteuse.
    4.
    http://www.pwc.fr/fr/pwc_pdf/pwc_g648578.pdf
    5.Le monde diplomatique octobre 2006 « Une économie d'apprentis sorciers »
    6.
    Gillian !tett, « The Dream machine » Lire aussi http://www.agefi.com/Quotidien_en_ligne/Investir/articleDetail.php?articleID=278333
    7.
    Il s'agit des recommandations néolibérales à la sauce étasunienne : baisse des impôts, libre concurrence, déréglementation etc ... Le FMI conditionne ses prêts au respect de ces recommandations participant ainsi à la ruine des pays pauvres forcément très endettés.
    8.
    Gillian  Tett, « The Dream machine »
    9.
    http://www.monde-diplomatique.fr/2000/04/DE_BRIE/13634
    10.
    http://www.lesaffaires.com/fr/Aujourdhui/detail.asp?id=241481&id_section=808,809,810,82 Lire aussi cet excellent exposé au Parlement italien en Français http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=1684
    11.
    http://www.lexpansion.com/art/15.0.147697.0.html

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  • Chers amis, chers électeurs, Nicolas Sarkozy croyait rassembler autour de sa loi scélérate « immigration choisie » (1) une majorité de Français en attisant les peurs profondes et légitimes que l'être humain porte en lui depuis l'ère des cavernes et des tribulations mystiques. Il pensait s'appuyer sur des atavismes occultes pour entraîner l'opinion publique dans la xénophobie et l'indifférence face au parjure. Mais Nicolas Sarkozy s'est à nouveau trompé comme il s'est, d'ailleurs, constamment trompé dans le passé dès qu'il s'est agit d'élaborer une stratégie destinée à convaincre. En carriériste obsessionnel aveuglé par le pouvoir, Nicolas Sarkozy est incapable de saisir l'abîme qui sépare sa conception du monde et le pays qui a permis son destin exceptionnel quand nécessité faisant loi de l'accueillir lui et sa famille. La société française l'a intégré au point de rendre possible sa consécration en 2007, mais Nicolas Sarkozy n'a pas encore intégré la détermination des Français à rejeter la sauvagerie du néolibéralisme décadent; il refuse de comprendre l'ampleur de notre abjection devant l'entreprise cupide qu'il défend. « Nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience», (2) et cette conscience s'élève pour condamner sans appel le traitement affligeant réservé aux « sans-papiers » dans ce pays comme elle s'est élevée devant l'ignominie irakienne en dernier rempart de l'Humanité..



    Il y a quelques jours un sondage LH2 publié par le journal 20 minutes a mis en pièces la stratégie orchestrée sournoisement par la droite néolibérale autour de la contestation française issue du « Non référendaire ». La calomnie d'une France raciste et repliée sur elle-même qu'elle fait colporter par les médias de masse dans le but de discréditer une contestation grandissante parvenue au bord de la révolte. En effet, ce sondage révèle que 73% des personnes interrogées estiment qu'il faut régulariser les sans-papiers ayant un contrat de travail et/ou des enfants scolarisés en France. Si l'on ajoute que 12% des personnes interrogées estiment qu'il faut régulariser les sans-papiers sans conditions, ce sont 85% des sondés favorables aux régularisations.(3)



    Quelques déçus, l'écume aux lèvres, ne manqueront pas de fustiger ce sondage en raillant ce qu'ils pensent à tord être un cri du coeur ou, pire, en pointant du doigt une démagogie gauchiste, alors qu'il a lieu d'y voir, au contraie, l'expression d'un cri de la raison admettant que la raison commande de ne pas accepter toute la misère du monde, mais considérant aussi que cette évidence doit être contenues dans ses propres limites. Ses limites se situent dans la conscience qu'il existe des lois non écrites, néanmoins impératives, disposées au sommet de la hiérarchie des normes qui doivent être respectée en toutes circonstance (4) à peine de rendre dérisoire le sens que pourrait avoir l'existence humaine.(5) Ce sont ces principes qui commandent la conscience de l'opinion publique française, ils dictent la désapprobation et le rejet d'une politique inquiétante menée depuis plusieurs mois par le ministre de l'Intérieur à l'encontre des immigrés réguliers et des sans-papiers. Une politique migratoire sectaire et autoritaire qui vise à exposer les immigrés au vandalisme de la médiocrité des préjugés, en les présentant au mieux comme une charge économique, au pire comme une harde d'envahisseurs criminels. C'est une honte de stigmatiser ainsi l'étranger pour les seules raisons qu'il est économiquement faible et que nous traversons une crise; alors que d'autres, violent le droit international, torturent au nom de la liberté, tout en continuant de jouir, eux, de la considération générale et de l'aval des puissants de ce monde. Au nom de la dictature économique, pingres, cupides, égoïstes, non seulement Nicolas Sarkozy planifie le sort de milliers d'individus dans une surenchère de plus en plus ignoble mais il autorise la violation des églises, et organise la traque du clandestin jusque dans les écoles de la République. Pour toutes ces raisons, le lutin contestataire Demos dit : la chute de Nicolas Sarkozy est proche car la France debout ne le tolére plus ...



    1 . Le dossier de ce blog sur l'immigration choisie :
    http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-05-02-billet-340400.html




    3. http://new.20minutes.fr/articles/2006/10/12/20061012-manifeste-Theme-N-6-l-immigration.php



    4. Ces fondamentaux sont au nombre de 4 : le respect des vivants et des morts, l'hospitalité, l'inviolabilité de l'être humain, l'imprescriptibilité de la vérité.



    5.  http://www.blogg.org/blog-31810-date-2006-02-10-billet-289739.html


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