• Sarko et la solution finale

    Mes chers amis, l'Assemblée nationale s'apprête à examiner le projet du FN masqué Sarkozy intitulé ironiquement « immigration et intégration » dont on se demande bien en quoi il serait de nature à favoriser l'intégration des immigrés dans notre pays. Le lutin Demos rappelle solennellement que l'INSEE fait une distinction entre la population étrangère et la population immigrée. C'est ainsi que toute personne résidant en France qui n’a pas la nationalité française est étrangère, alors que celle qui réside en France étant née étrangère dans un pays étranger a le statut d'immigrée. De telle sorte que tout étranger n’est pas nécessairement un immigré (certains étrangers sont nés en France). Et qu'inversement, tout immigré n’est pas forcément un étranger (certains immigrés ont acquis la nationalité française.) Il faut en effet savoir qu'un individu continue de faire partie de la population immigrée même après avoir acquis la nationalité française; le statut d'immigré, c'est comme celui de divorcé, on le conserve toute sa vie. A titre d'exemple, en France, 50% des immigrés sont issus d'une immigration antérieure à 1974.

    Or, à étudier les chiffres officiels de l'immigration légale, rien ne justifie le durcissement des conditions d'accueil et de séjours des immigrés en France, surtout lorsqu'il s'agit d'aborder ces flux sous fond de déluge comme se plaît à le claironner l'extrême droite dissimulée derrière le masque faussement républicain des Sarkosystes. En 1999, L'INSEE comptabilisait 3,26 millions d’étrangers et 4,31 millions d’immigrés. Les personnes à la fois étrangères et immigrées étaient au nombre de 2,75 millions. Le statut d'immigré représentait donc 7,4 % de la population totale, et celui d'étranger 5,6% soit une proportion constante depuis le recensement de 1975. Ces chiffres devraient être actualisés à partir de fin 2006. Toutefois, les démographes s'accordent pour admettre l'absence de variation considérable des chiffres de l'immigration légale depuis 1999, et il semble probable que le nombre d'étrangers et d'immigrés sera sensiblement le même qu'au dernier recensement, voire sensiblement en baisse. Notons qu'aucun changement important n'avait été constaté entre les recensements de 1990 et 1999, et qu'à titre de comparaison, la proportion d'étrangers est de 9,3% en Autriche, 8,9% en Allemagne et 8,3% en Belgique. Enfin, dans l'UE, seul le Luxembourg a un taux de population étrangère inférieur à la France.

    Mes chers amis, si j'évoque les chiffres officiels de l'immigration légale, c'est parce que le projet de loi Sarko ne vise pas à limiter le flux migratoire des clandestins, il s'agit uniquement de rendre plus difficile le séjour et les conditions d'obtention de la nationalité française pour les personnes légalement présentes sur le territoire, et cette donnée est de la plus haute importance pour comprendre la philosophie de ce projet scandaleux.

    Mes chers amis, les besoins de l'économie française et ses impératifs démographiques nécessitent l'ouverture de nos frontières à l'immigration si nous ne voulons conserver la place qui est la notre et éviter le péril d'extinction qui hante un pays aussi peuplé que l'Allemagne par exemple (1). En 2003, le Commissariat au Plan a rappelé que 70.000 à 100.000 immigrés entrent chaque année en France en toute légalité et qu'il faudrait environs 20.000 entrées supplémentaires par an pour en satisfaire les impératifs économiques et démographiques. La même année, le Conseil économique et social (CES) préconisait une régularisation des clandestins et la création de visas à durée limitée pour "une immigration maîtrisée et organisée".  S'appuyant sur l'avis du CES, le MEDEF ne cesse depuis de réclamer "une nouvelle politique d'immigration fondée sur la qualification des émigrants ou leur capacité à se qualifier rapidement". Or, 73% des titres de séjour délivrés en 2004 l'ont été au titre du regroupement familial (102.619 ) L'immigration de travail en tant que justification du séjour en France ne représente officiellement que 5%, et pour cause .., peu de candidats sont en mesure de justifier d'un contrat de travail pour soutenir leur demande alors qu'il est évident que ces quémandeurs quittent leur terre parce que la misère qui y règne ne permet de subvenir ni à leur besoin, ni à ceux de leur famille.(2) En recommandant "d'ouvrir davantage, compte tenu des besoins identifiés ou prévisibles de notre économie, nos frontières à une immigration maîtrisée et organisée", le CES a mis en exergue la nécessité du recours à l'immigration, tout en préconisant le choix d'une immigration de travail.  La philosophie première du projet Sarkosy est l'expression de cette nouvelle stratégie néolibérale comme le souligne le rapporteur UMP, Thierry Mariani, «Ce texte a le mérite ... de choisir pour la France les immigrés qui auront le plus de facilités à s'intégrer par le travail ».

    Mes chers amis, le projet Sarko consiste à établir des quotats afin de ne permettre l'accès à la nationalité française qu'à une certaine élite quoique si demain le MEDEF avait besoin de crétins de toute urgence, rien n'empêcherait l'exécutif de modifier soudainement les critères d'admission des immigrés afin d'ouvrir plus largement nos portes aux obésicains si ce n'est déjà le cas..

                                   L'immigration de travail où l'immigration choisie.

    Mes chers amis, le recours à la politique des quotats en matière migratoire ne fonctionne dans aucun pays où elle est appliquée. C'est un leurre qui n'a pour conséquence que de créer une immigration clandestine et de précariser les immigrés en situation régulière. C'est une coutume anglo-saxonne qui consiste à profiter de la misère du monde avec les conséquences que l'on sait. C'est une politique de prévaricateurs pour ne pas dire de prédateurs, nous y reviendrons...  Aux USA, depuis le Johnson Act qui introduisit le système des quotas en 1921 pour les besoins économiques du pays, jamais les objectifs fixés n'ont été atteint. Depuis 1990, le gouvernement étasunien s'est fixé un cap de 675.000 personnes par an sans y parvenir le moins du monde. Au contraire, le Washington Post a publié un rapport de l'Agence américaine de l'immigration clandestine qui fait état de 32 millions de clandestins immigrés au Etats-Unis ! Et la nouvelle loi que s'apprête à voter le congrès n'est pas prête de stopper ce flux migratoire. Il en est de même de la Grande -Bretagne qui s'apprête à adopter la même politique scélérate en présentant son projet comme susceptible de limiter l'immigration clandestine. «Nous voulons que des étudiants viennent dans nos universités et nous voulons des travailleurs hautement qualifiés dont notre économie a besoin», clame, Tony Blair, le chouchou de mademoiselle Marie-Ségolène Royal. En réalité, les néolibéraux instrumentalisent l'immigration clandestine pour justifier la précarisation des immigrés dans le but évident de les tenir dans l'asservissement et la passivité sociale. En réalité, l'immigration choisie est une machine à fabriquer de l'immigration illégale, c'est à dire des travailleurs sans droit, incompatible avec l'idée d'intégration dont elle se targue. A titre d'illustration, tous les experts savent que la régularisation de plein droit après dix ans de présence en France fait office de soupape de sécurité. En supprimant ce dispositif, le gouvernement néolibéral français, anhilie tous espoir d'intégration pour un immigré alors que les régularisations effectuées grâce à ce dispositif exceptionnel s'élève péniblement à 2500-3000 étrangers par an ... franchement !

                                     L'immigration subie ou la solution finale.

    Mes chers amis, depuis des années, dans tous les domaines de la vie civile ou politique, nous ne cessons de rogner sur nos droits fondamentaux et nos valeurs essentielles. Nous ne cessons de consentir de peur d'un futur encore plus noir que celui que l'on nous sert quotidiennement. Les libertés publiques sont de plus en plus maltraitées dans notre pays, nos libertés rudimentaires piétinées. Pas seulement celles des immigrés, mais celles de tous les citoyens. Le projet du FN encagoulé Sarkozy s'inscrit dans cette démarche autoritaire. Il entend durcir les règles du regroupement familial, proposer une carte de séjour spécifique pour les étrangers hautement qualifiés, limiter la durée de séjour des étrangers à leur contrat de travail, et abroger le dispositif de régularisation de plein droit après dix années de résidence en France.

    Comment peut on parler d'intégration sans rougir quand il s'agit de laisser des familles entières dans l'incertitude quant à leur possibilité de s'établir durablement en France? Ah ! Elle est belle la Famille tant sacralisée par la droite française. Comment peut-on se targuer de fierté comme le fit Thierry Mariani, le rapporteur du projet Sarko, s'agissant d'affaiblir la protection que la France - pays largement débiteur depuis 50 ans à l'égard de ses immigrés - que la France, disais-je, doit aux demandeurs d'asile en établissant une liste des "pays d'origine dits sûrs" ? Quand il s'agit de créer une « une carte de compétences et talents » avec pour immédiate conséquence de promouvoir l'inégalité entre les catégories d'immigrant ? Quant il s'agit de laisser à l'employeur le pouvoir exorbitant de décider du maintien du salarié étranger sur le territoire national ? Quoi ! Qu'est ce qui justifie de tomber si bas alors que les pays riches sont de plus en plus riches, les pays pauvres crevant littéralement de faim ? Tout est fait non pour intégrer, non pour lutter contre l'immigration illégale, les mariages blancs ou forcés, les filières de travailleurs clandestins, mais pour présenter l'immigré comme un fraudeur en puissance et attiser la xénophobie ambiante.Tout est fait pour favoriser l'arrivée au pourvoir dès 2007 de l'extrême droite en France. Un seconde loi sur l'immigration à quelques mois des élections présidentielles; c'est une provocation ...! Une trahison, c'est du pétainisme, la poignée de main à nos ennemis, un non-sens politique digne du pitre Chirac, gouverneur cyclope à la petite semaine. Ce futur taulard nous aura décidément fait boire le calife jusqu'à la lie !

    Mais il y a pire, mes chers amis, non seulement la mondialisation néolibérale et l'incapacité de nos élus à proposer une alternative provoquent chez nous une crise sans précédent, mais elle pousse les pays riches à faire subir aux peuples des pays pauvres les conséquences de ses choix économiques. « Je n'ai aucune honte à dire que dans la concurrence internationale, la France veut choisir les meilleurs.» s'exclame Thierry Mariani, et DEmos de répondre, que dit-il, de rétorquer qu'il a honte lui, au contraire, à la place et pour le salut de monsieur Mariani, de mettre en oeuvre un projet aussi cupide. Passer d’une immigration censée être «subie» - quelle ingratitude pour un pays qui a fait sa Révolution sans abolir l'esclavage, qui s'est engraissé comme un suidé pendant des siècles sur le dos de ses immigrés ! - à une immigration «choisie», c'est considérer l'individu comme une simple marchandise, c'est ne voir que sa valeur utilitaire, c'est nier son humanité. C'est ignoble et c'est idiot. C'est idiot parce que nous agissons à l'envers de nos intérêts primaires. C'est idiot parce que cette politique est suicidaire pour l'Occident.

    Hier, avec la traite des noirs comme aujourd’hui avec la mondialisation néolibéral, les pays riches font le tri et prélèvent ceux qui répondent à leur besoins en se livrant à un véritable pillage de cerveaux des pays pauvres. Ce darwinisme social proche du nazisme n'a pas d'autre conséquence que de maintenir les pays pauvres dans l'asservissement en planifiant leur perte. Nous ne les laissons plus crever de faim comme dans les années 70, nous agissons maintenant directement sur leur devenir à travers notre législation en accélérant la solution finale. Ne plus « laisser faire, laisser mourir » mais « faire en sorte de faire mourir » Oui le nazisme, mes chers amis, puisque nous légiférons, puisque le Droit sert de plan d'extermination comme si la loi suffisait à faire la Justice, comme si le statut des Juifs français n'était pas légal en 1941, comme si un négrier ne pouvait pas ester en justice au XVIIIème siècle pour réclamer la propriété de son bien négroïde, comme si l'imputabilité de ce crime pouvait disparaître derrière la loi dite républicaine, ignorante des victimes de cette sélection, de cette planification humaine. La précarité comme vertu néolibérale : arme destiné à tenir les individus dans un carcan de non droit. Monter les salariés les uns contres les autres en les isolant, monter les générations les unes contre les autres, les pays les uns contre les autres, monter les continent les uns contre les autres en mettant en oeuvre des politiques migratoires parfaitement criminelles, arguant de la bénéfique « libre concurence ». C'est idiot parce qu'en agissant ainsi, nous donnons la tétine au radicalisme. Nous vivons dans une utopie capitaliste, mes chers amis, car c'est irréaliste de croire que les 3 milliards de claque-faim des pays pauvres n'agiront pas en désespoir de cause pour leur propre survie et celle de leur famille. Les néolibéraux clament les vertus de la précarité, nous ne tarderons pas a en prendre plein les gencives de leur précarité. C'est un conflit sans précédent qui nous attend. Ventre affamé n'a point d'oreilles, qu'on se le dise ... Que l'on évite d'évoquer l'immigration clandestine car ce projet ne la concerne pas. Que l'on évite comme le fit ce fumiste de Mariani d'évoquer la crise des banlieues pour justifier ce projet; la crise des banlieues pose un vrai problème d'intégration et non un faux problème d'immigration.
    Que l'on s'attende au pire, tout simplement, si ce projet voyait le jour ....


    1) La France a le taux de natalité la plus élevé d'Europe tandis que l'indice de fécondité de L'Allemagne s'est effondrée, de 2,3 en 1960, à 1,2 et 0,9 à l'Est aujourd'hui au point que les démographe évoquent un péril démographique pour l'Allemagne à l'échelle des 50 ans à venir.

    2) A titre d'exemple, Les plus de cinq millions d’immigrés de huit pays méditerranéens (Maroc, Algérie, Tunisie, Turquie, Égypte, Liban, Syrie et Jordanie) installés dans l’UE envoient chaque année officiellement dans leur pays d’origine quelque 7,1 milliards d’euros. En ajoutant les sommes transférées de façon « informelle » (argent liquide emporté lors des voyages, transferts par le biais d’organismes non autorisés), le total atteint entre 12,4 et 13,6 milliards par an, selon la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (Femip), qui regroupe les activités de la BEI dans les pays de la Méditerranée. Ces sommes pharaoniennes ne pourraient pas être atteinte si les immigrés se contentaient de vivre de leur droits sociaux quant bien même y inclurait-on la part relevant des clandestins...


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